Hauts-de-Seine : accusée de communautarisme, une supérette halal fermée

Hauts-de-Seine : accusée de communautarisme, une supérette halal fermée
La mairie de Colombes a expliqué qu'elle ne voulait pas laisser le quartier se "communautariser".

Orange avec AFP, publié le lundi 04 décembre 2017 à 17h30

Le tribunal de Nanterre a décidé lundi 4 décembre de résilier le bail d'une supérette halal de Colombes, accusée de n'avoir pas respecté une clause du contrat censée éviter la communautarisation des commerces de la ville, rapporte Le Parisien. Le commerce est donc expulsé et son gérant devra prendre à sa charge les frais de justice et régler 4.000 euros au propriétaire du local.


Au centre des débats, la supérette Good Price, installée dans un local appartenant au bailleur social Colombes Habitat Public.

L'office, présidé par la maire Les Républicains de Colombes, Nicole Gouéta, reprochait au gérant de la supérette de ne pas respecter le contrat les liant, rappelait dimanche Le Figaro. Ce dernier stipulait que le local devait abriter un "commerce général d'alimentation". Or, Good Price ne vendait ni porc ni alcool. Un état de fait dénoncé par des habitants, qui se plaignaient de ne pas trouver de vin, de jambon ou même de viande non halal, expliquait Le Figaro.



Quand la mairie a tenté de régler le problème à l'amiable, le gérant a refusé d'intégrer ces produits dans son offre, arguant qu'il doit s'adapter à la demande. Mais, selon le bailleur, l'expression "commerce généraliste d'alimentation" implique de ne pas exclure une catégorie d'articles. En octobre, l'avocat de Colombes Habitat Public avait plaidé au tribunal que "dans les clauses du bail, est insérée une mention pour que ce commerce soit généraliste. Or là, il s'agit d'une alimentation particulière. À 96%, elle vend des produits halal, (...) aucune marque connue en France, pas d'alcool, pas de porc. Vous n'avez pas certains produits laitiers...", rappelait Le Figaro. De son côté, le gérant avait estimé que la vente de vin était une "activité annexe, le vin ne fait pas partie de l'alimentation générale."

Quant à la mairie, elle considérait la supérette comme une "épicerie communautaire, qui correspond à une pratique religieuse. Il n'est pas possible qu'on laisse se 'communautariser' le quartier."

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