Hauts-de-Seine: 300 000 euros d'amendes pour un professeur victime d'une usurpation d'identité

Hauts-de-Seine: 300 000 euros d'amendes pour un professeur victime d'une usurpation d'identité©Panoramic (image d'illustration)

, publié le vendredi 12 mars 2021 à 18h40

Un professeur d'université de 42 ans, victime d'une usurpation d'identité, s'est vu attribuer 400 voitures immatriculées à son nom par un réseau d'escrocs au garage fantôme, révèle Le Parisien, ce vendredi 12 mars. Le Trésor public lui réclame 300 000 euros d'amendes. 

Il n'avait jamais possédé de voiture auparavant, mais désormais, il se retrouve, malgré lui, à la tête d'un garage fantôme qui a immatriculé 400 voitures à son nom dans le Nord.

Reda, un professeur d'université de 42 ans, a raconté son histoire rocambolesque au Parisien, dans un article publié ce vendredi 12 mars. Victime d'une usurpation d'identité de grande ampleur, l'habitant de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, se voit réclamer 300 000 euros d'amendes par le Trésor public.



Victime d'un réseau d'escrocs 

L'affaire démarre en 2018. L'enseignant, qui est également auto-entrepreneur et patron d'une société de conseil informatique, reçoit un courrier de la préfecture de Lille, dans le Nord, qui lui intime de présenter des factures d'achats et de ventes de véhicules immatriculés à son nom. Et c'est là qu'il découvre qu'un réseau d'escrocs l'a mis à la tête d'un garage fantôme prétendument situé à Ronce, dans le Nord. 

Le professeur d'université demande des explications au centre des impôts de Boulogne-Billancourt, comme le relate Le Parisien. On lui répond simplement qu'une personne s'est rendue à la chambre de commerce pour faire changer le type d'activité et l'adresse de sa société de conseil informatique. Après une première plainte pour des faits de "prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui", les mauvaises surprises s'accumulent : il reçoit des avis lui demandant de payer des amendes pour des excès de vitesse, stationnements impayés ou encore usage du téléphone au volant dont il se serait prétendument rendu coupable dans le cadre de sa supposée activité de gérant de garage. 

Des saisies sur son salaire 

Pire encore, l'enseignant quadragénaire victime confie au Parisien que "des gens ont été percutés par des voitures à mon nom". Malgré une deuxième plainte déposée fin 2018, le Trésor public lui réclame des centaines de milliers d'amendes à ce stade, et le fisc opère même des saisies sur son salaire, lui laissant "500 euros pour survivre". Malgré ses nombreuses tentatives pour faire cesser cette situation cauchemardesque, Reda fait face à un mur, notamment du côté des impôts et de la préfecture de Lille. "Là-bas, tout le monde est au courant, mais personne ne fait rien", déplore-t-il auprès du Parisien. Pire encore, "pour chaque infraction commise avec une voiture à mon nom, la police dispose de l'identité d'un conducteur", poursuit l'informaticien, dont le dossier n'avance pas du côté des autorités. 

"Cela fait deux ans que l'affaire est ouverte, mais celle-ci est renvoyée d'administration en administration, chacune se déclarant incompétente pour s'occuper de l'affaire", regrette de son côté son avocate, qui dit avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile à Nanterre afin qu'un juge d'instruction soit désigné dans cette affaire.

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