Hautes-Alpes : un "geste déplacé" à l'origine de l'agression d'une mère et de ses filles ?

Hautes-Alpes : un "geste déplacé" à l'origine de l'agression d'une mère et de ses filles ?
L'auteur des faits souffrirait de problèmes psychiatriques (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le mercredi 20 juillet 2016 à 20h36

- Le parquet de Gap (Hautes-Alpes) a indiqué ce mercredi qu'un "geste déplacé" pourrait être à l'origine de l'agression au couteau d'une femme et de ses trois filles mardi dans un village de vacances de Garde-Colombe. -

Le mystère reste entier sur le mobile de l'agression d'une mère et de ses trois filles au Village vacances famille (VVF) de Lagrand, dans la commune de Garde-Colombe (Hautes-Alpes).

"Le mari et père des victimes affirme avoir croisé le suspect en train de quitter les lieux (...) après l'agression. Le suspect lui aurait alors déclaré : 'Tu n'aurais pas dû faire ça devant ma femme', tout en reproduisant le geste de se gratter au niveau de l'entrejambe par-dessus son short", a précisé ce mercredi 20 juillet, le procureur de Gap, Raphaël Balland.

"Le mari de la victime ne se souvient pas avoir eu un tel geste", ajoute le procureur, estimant par ailleurs qu'il était "difficilement compréhensible qu'un tel geste puisse être à l'origine d'une agression aussi grave commise par une personne qui serait saine d'esprit ou dénuée de toute démarche idéologique".

Le suspect, un Marocain de 37 ans domicilié dans les Yvelines, partageait avec sa famille un appartement mitoyen de celui de ses victimes. Mardi, vers 9h40, il a asséné des coups de couteau à ses trois voisines de 8 ans, 10 ans et 13 ans, qui prenaient leur petit-déjeuner, ainsi qu'à leur mère de 45 ans. Hospitalisées, les quatre victimes sont hors de danger.

L'AGRESSION PAS LIÉE À LA TENUE VESTIMENTAIRE

"Les perquisitions et premières exploitations des documents et objets saisis" lors des perquisitions dans les Hautes-Alpes et les Yvelines "n'ont mis en évidence aucun phénomène de particulière radicalisation de type islamiste", selon le procureur. "La section antiterroriste du parquet de Paris n'a pas souhaité se saisir de ces faits. S'agissant d'une éventuelle radicalisation religieuse, sa famille indique qu'il est musulman pratiquant. Son épouse a notamment expliqué qu'elle et son mari pratiquaient une religion modérée et que tous les deux n'étaient pas d'accord avec les récents attentats".

"Aucun témoignage ne permet d'apporter du crédit à la rumeur concernant la tenue vestimentaire des victimes", a ajouté le procureur. Le magistrat mentionne toutefois un "incident" : au cours de sa garde à vue, le suspect "s'est emporté, refusant qu'on lui prenne ses empreintes. Il a alors crié à trois reprises : Allah akbar".

LE SUSPECT DÉFÉRÉ JEUDI MATIN

L'auteur des coups, qui a gardé le silence pendant sa garde à vue, a par ailleurs dit au procureur "qu'il souffrirait de dépression, mais aussi de schizophrénie depuis plusieurs années". En invalidité depuis 2009, il aurait arrêté de prendre son traitement depuis six mois. "De fait, sa famille a confirmé qu'il serait suivi par un psychiatre et un psychologue. Tout cela est bien entendu en cours de vérification", a précisé Raphaël Balland.

Selon Le Figaro, l'auteur des coups est connu des services de police pour des faits de droit commun, dont le plus récent date de 1999, mais des services de renseignement. Sa garde à vue a été prolongée ce mercredi matin. Il devrait être présenté jeudi matin à un juge d'instruction grenoblois.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU