Haute-Loire : il lègue "deux millions d'euros" à une commune qui l'a protégé des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale

Haute-Loire : il lègue "deux millions d'euros" à une commune qui l'a protégé des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale
La commune de Chambon-sur-Lignon.

publié le vendredi 29 janvier 2021 à 13h45

Le donateur a demandé que son legs serve à financer des actions au profit de l'éducation et de la jeunesse, notamment sous la forme de bourses.

Jolie surprise pour cette commune de Haute-Loire.

Un homme d'origine autrichienne, décédé le mois dernier à 90 ans, a fait don de sa fortune, une somme "conséquente", à la commune du Chambon-sur-Lignon, dans le sud-est du massif central. La raison ? Sa famille juive y avait trouvé refuge en 1943, lors de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'elle fuyait les nazis. 



Si le maire de cette commune d'Auvergne, Jean-Michel Eyraud, élu en 2020, n'a pas donné de montant précis, le notaire devant encore calculer l'étendue des biens et charges d'Éric Schwam, décédé le 25 décembre, l'ancienne maire, Éliane Wauquiez-Motte, a évoqué une somme de "deux millions d'euros" dans la presse locale. Elle a expliqué que le couple Schwam avait contacté la mairie il y a plusieurs années en vue d'un legs et qu'elle les avait rencontrés à deux reprises.

Le Chambon-sur-Lignon et les villages alentours ont une longue tradition d'accueil de personnes fuyant les persécutions religieuses et politiques, depuis les guerres de religion en France au XVIe siècle jusqu'aux "boat people", en passant par les prêtres réfractaires durant la Révolution française ou les Républicains espagnols pendant la Guerre civile de 1936-1939. 

Le défunt a vécu de 1943 à 1950 au Collège Cévenol, un établissement privé de la commune, sur des terres protestantes, où sa famille autrichienne qui fuyait le régime nazi avait trouvé refuge, selon l'actuel maire. "Après des études de pharmacie, il a épousé une catholique de la région lyonnaise (centre-est)" et a fait carrière dans un laboratoire, a-t-il ajouté.

Le donateur, sans enfant, demande dans son testament que des actions soient entreprises par la commune au profit de l'éducation et de la jeunesse, notamment sous la forme de bourses. Il a aussi choisi de léguer une partie de sa fortune à des associations telles que la Société protectrice des animaux (SPA), l'association d'aide aux enfants "À chacun son Everest" et à une fondation de lutte contre la douleur.

Les habitants du plateau de la commune, qui ont aussi participé pendant la Seconde guerre mondiale à l'accueil et au sauvetage de quelque 2.500 juifs, ont reçu en 1990 la reconnaissance de "Justes parmi les nations", la plus haute distinction honorifique décernée par l'État d'Israël à des civils.
 

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