Hausse exceptionnelle des opérations de secours en Méditerranée cet été

Hausse exceptionnelle des opérations de secours en Méditerranée cet été
Des baigneurs près de Marseille.

publié le lundi 18 octobre 2021 à 21h42

Elles ont augmenté de 37% depuis 2019 explique la préfecture maritime.


Cette augmentation viendrait de la pratique plus courante de sports ou loisirs nautiques par un public peu averti, poursuit la préfecture, qui explique que l'été 2021 a été "exceptionnellement dense"

Philippe Michaud, le directeur du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med), rappelle que depuis 2019 et le début de la crise sanitaire, "on enregistre une augmentation de l'ordre de 15% à 20% chaque année", a-t-il détaillé. Au cours des dix années précédentes, l'activité ne progressait que de 2 à 5% par an.

Restés davantage en France et confinés en raison du Covid-19, les estivants "avaient besoin de prendre l'air, de se défouler un peu", explique Gilles Boidevezi, le préfet maritime.

"On a peut-être un effet longue durée mais on a surtout un effet conjoncturel lié au Covid qui a mis sur l'eau beaucoup plus de gens que d'habitude, qui n'étaient pas habitués à prendre la mer", constate-t-il.

Public peu averti

L'afflux croissant de touristes sur les côtes depuis deux ans s'est accompagné d'"une avidité" pour des pratiques "de plus en plus accessibles au grand public", note Philippe Michaud. L'écrasante majorité des opérations ont eu lieu en vue des côtes, relève-t-il.

Sur les 3.151 opérations de sauvetage ou d'assistance (+16% par rapport à 2020) réalisées par le Cross Med cet été, plus d'un tiers (37%) concernait des navires en avarie (pannes de carburant, avarie d'appareils à gouverner, pannes moteur...).

Les loisirs nautiques, et notamment les loisirs "réputés faciles ou abordables", comme le kayak, le paddle ou la plongée en apnée, ont constitué la deuxième cause d'intervention du Cross Med, qui opère sur 2.000 km de côtes.

Autre tendance forte: la multiplication des blessures, "et notamment parmi un public jeune" que l'on retrouve sur "des jet-skis, sur des embarcations sur-motorisées", ajoute-t-il.

Un projet de loi, qui pourrait ouvrir la voie à la saisie des véhicules nautiques à moteur ayant commis une infraction, est actuellement en cours d'examen, a indiqué le préfet maritime.

Cet été, 26 personnes ont perdu la vie en mer et deux ont disparu, des accidents mortels qui "se concentrent sur deux disciplines que sont la plongée et la baignade (19 décès).

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