Hausse du Pass Navigo : "le choix de Pécresse" pour Valls

Hausse du Pass Navigo : "le choix de Pécresse" pour Valls
Manuel Valls et Valérie Pécresse, le 6 février 2016 à Paris.

publié le samedi 02 juillet 2016 à 09h50

- Le tarif unique du Pass navigo va augmenter de 3 euros à partir du 1er août pour s'établir à 73 euros. Pour Manuel Valls, cette hausse est "la décision" de la présidente Les Républicains (LR, ex-UMP) de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.

Selon lui, "il fallait trouver de nouvelles recettes, loin de toute démagogie". -

Qui a pris la décision d'augmenter le Pass Navigo ? Manuel Valls et Valérie Pécresse se renvoient la balle depuis plusieurs jours. Dans une interview publiée ce samedi 2 juillet par le Parisien, Manuel Valls renvoie la responsabilité de cette augmentation sur Valérie Pécresse. "C'est sa décision, elle l'assume, comme j'assume avoir signé avec elle un contrat entre l'État et la région pour financer l'extension des lignes de métro et de tramway, les lignes nouvelles du Grand Paris express, la modernisation des RER, notamment la ligne D pour doubler la fréquence des trains", explique le Premier ministre.

"J'AURAIS PU PARLER DE TAXE PÉCRESSE"

"Tout ceci représente de centaines de millions d'euros en plus. Il fallait trouver de nouvelles recettes, loin de toute démagogie", poursuit Manuel Valls. Au sujet de cette augmentation, "j'aurais pu parler de 'taxe Pécresse' mais je ne le ferai pas car ce dossier du transport francilien impose un sens des responsabilités", poursuit le Premier ministre, en écho à la "taxe Valls" qu'avait évoquée Valérie Pécresse mi-juin. "Les transports, ce n'est pas une affaire de droite ou de gauche (...) Les phrases comme 'la taxe Valls' sont inutiles. Elles visent à blesser et sont en contradiction avec les choix responsables que nous faisons. Ensemble".


"Après avoir financé les grands travaux, la modernisation des trains, il fallait aussi assurer le fonctionnement quotidien du réseau. Valérie Pécresse a fait plusieurs propositions dont l'augmentation du versement transports payé par les entreprises et la mise à contribution des usagers par l'augmentation du passe. C'est son choix, je le respecte", explique-t-il.

"Il n'y a rien de pire que la démagogie pendant les campagnes électorales où l'on annonce qu'on n'augmentera jamais le Pass Navigo ou qu'on ne touchera pas à tel ou tel dispositif fiscal" grince encore Manuel Valls. L'ancienne ministre du gouvernement Fillon est accusée de ne pas avoir respecté l'un de ses promesses de campagne : "Moi, je maintiendrai le passe Navigo à 70 euros car je ne jouerai pas avec le pouvoir d'achat des Franciliens", avait-elle déclaré.

Alors qu'on lui rappelle que le Parti socialiste régional estimait que l'augmentation de 3€ du Navigo n'était pas nécessaire, Manuel Valls insiste : "C'est pour ça que je dis que c'est la décision de Valérie Pécresse. Mais reconnaissons que les investissements pour les transports sont colossaux. Il faut trouver un équilibre qui ne pèse pas trop ni sur l'économie, nu sur les usagers". Le Premier ministre en profite pour appeler Valérie Pécresse à "faire attention aux augmentations qui pèseraient sur les usagers, d'autant qu'ils n'ont pas encore - c'est le moins que l'on puisse dire - vu d'amélioration".

La semaine dernière, la présidente de la région avait assuré n'avoir jamais promis de ne pas l'augmenter, mais juste de maintenir un passe à tarif unique, pourtant "non financé" par son prédécesseur Jean-Paul Huchon. "Nous avons sauvé le Pass Navigo", avait-elle martelé, "grâce aux ressources supplémentaires que nous a accordées le Premier ministre Manuel Valls", qui a selon elle "implicitement reconnu" le déficit de 300 millions laissé par l'ancienne mandature socialiste. Valérie Pécresse avait également menacé d'augmenter le tarif unique jusqu'à 85 euros, "son vrai prix d'équilibre", selon elle, si elle n'obtenait pas d'aide de l'Etat.

1.000 BUS, 708 RAMES DE RER ET DE TRANSILIENS

Mercredi, Valérie Pécresse avait justifié la hausse du Pass Navigo, qui rapportera "moins de 100 millions par an", par "l'amélioration de la qualité de service", notamment pour moderniser le matériel roulant, avec 708 rames neuves ou rénovées d'ici 2021, sur "toutes les lignes de RER et de Transiliens". Cette hausse de prix servira également à la mise en place de 1.000 nouveaux bus, à installer la vidéo-protection dans tous les bus d'ici fin 2017 et dans les 70 gares routières, et à recruter des agents de sécurité et des agents de médiations supplémentaires.

Dans cette interview, Manuel Valls explique par ailleurs qu'il "ne ferme aucune porte" à l'idée d'une écotaxe poids lourds, dont le principe a été adopté en IDF mi-juin. Il annonce également qu'il sera candidat au renouvellement de son siège de député de l'Essonne lors des prochaines élections législatives.

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