Handicap: Macron appelle "tous les Français à se mobiliser"

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Une jeune femme en fauteuil roulant motorisé arrive à l'Elysée pour participer à une "conférence nationale" sur le handicap, le 11 février 2020 à Paris
Une jeune femme en fauteuil roulant motorisé arrive à l'Elysée pour participer à une "conférence nationale" sur le handicap, le 11 février 2020 à Paris
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© AFP, Ludovic MARIN

, publié le mardi 11 février 2020 à 18h20

"Les Français doivent tous se mobiliser" pour améliorer la vie des 12 millions de personnes handicapées, a déclaré mardi Emmanuel Macron, en annonçant une série de mesures sur la scolarisation, l'accès aux droits ou l'emploi.

"Ce que je voudrais lancer aujourd'hui, c'est véritablement un appel à la mobilisation nationale" car "le handicap ne touche pas simplement 12 millions de Français" mais "chacun d'entre nous peut y être confronté à un moment de sa vie", a déclaré le président en concluant la Conférence nationale sur le handicap (CNH).

Organisé à mi-mandat, cet événement a réuni 500 personnes à l'Elysée pour tirer un "premier bilan" des mesures décidées depuis le début du quinquennat et en prendre d'autres "que nous avons encore le temps de mettre en œuvre" d'ici à 2022, selon l'Elysée.

Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, a fixé l'objectif que "plus aucun enfant" handicapé ne soit laissé "sans solution de scolarisation à la rentrée de septembre".

Leur nombre a déjà été divisé par près de deux entre 2018 et 2019, de 15.000 à 8.000. Mais "le vrai sujet est qu'on manque d'accompagnants" pour aider ces enfants à l'école. Pour y remédier, 11.500 postes d'accompagnants supplémentaires seront créés d'ici à 2022, s'ajoutant aux 66.000 prévus à la fin de l'année.

- "Pas un tabou" -

Le président a également annoncé la mise en place d'un numéro d'appel unique (le 360) pour répondre à l'angoisse des familles et la création de 1.000 places supplémentaires dans les établissements spécialisés.

M. Macron a par ailleurs répondu aux inquiétudes des associations sur l'avenir de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), versée à 1,2 million de personnes. Cette prestation ne sera "jamais transformée, diluée ou supprimée" au bénéfice du futur revenu universel d'activité (RUA) qui doit fusionner plusieurs allocations, a-t-il affirmé.

Il a annoncé que la prestation de compensation du handicap (PCH), qui permet de financer des aides, serait étendue dès l'an prochain de manière à couvrir les aides ménagères, mais aussi l'assistance apportée par un tiers à un parent handicapé pour s'occuper de son jeune enfant.


Sur le front de l'emploi, le gouvernement entend mettre l'accent sur le développement de l'apprentissage.

Le président a en outre souligné que la question du droit à la vie sexuelle de ces personnes ne devait "pas être un tabou dans la société".

- Claude Chirac "émue" -

Ce "discours mobilisateur" doit désormais être "traduit en actions", a commenté dans un communiqué le Collectif Handicaps, qui regroupe 48 associations. Le collectif a salué notamment les annonces sur la scolarité, l'élargissement de la PCH ou le maintien de l'AAH, cependant "il reste encore à définir de manière concrète les moyens qui seront mis sur la table", a-t-il noté.

Quelques personnes handicapées, aidants familiaux et militants associatifs avaient interpellé la douzaine de ministres présents à l'Elysée sur la lenteur des démarches ou le manque de solutions d'accompagnement.

"On a envie de prendre notre place dans la société, mais on a besoin de vous pour faire bouger les choses, c'est vous qui avez les manettes", a résumé une femme atteinte d'un handicap visuel, jugeant "anormal" que certaines démarches prennent "quatre mois dans la Marne et deux en Seine-Saint-Denis".

"Notre pays compte des milliers de personnes sans solutions d'accompagnement adapté", a souligné de son côté Luc Gateau, le président de l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei).

Son homologue de l'APF France handicap, Alain Rochon, a réclamé des "sanctions" contre les établissements recevant du public qui rechignent à faire des travaux pour se rendre accessibles aux handicapés.

En réponse, les ministres ont reconnu que les efforts devaient encore être accentués.

Le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O, a ainsi noté par exemple que les démarches administratives en ligne étaient encore insuffisamment accessibles aux personnes aveugles ou malvoyantes, et a fixé un objectif de 80% d'accessibilité d'ici à deux ans.

Symboliquement, cette conférence a été programmée exactement 15 ans après l'adoption d'une loi majeure pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi, votée sous la présidence de Jacques Chirac, a permis une "démarche vers l'autonomie" et revêtait une "dimension symbolique", a souligné devant les invités Claude Chirac, la fille de l'ancien président, qui s'est dite "très émue".

Sous le slogan "Un droit ce n'est pas une faveur", des appels à manifester mardi avaient été lancés dans une quarantaine de villes, y compris outre-mer, pour dénoncer les "défaillances du système". 

"Il y a plein de choses intéressantes dans le discours du président, mais quand on saisit les pouvoirs publics de dysfonctionnements sur le terrain, on est ignorés", a résumé Charlotte Langlois, l'une des organisatrices de ces manifestations.

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