Guinée : confusion à Conakry après l'annonce de l'arrestation du président Alpha Condé

Guinée : confusion à Conakry après l'annonce de l'arrestation du président Alpha Condé
Le président de la Guinée Conakry Alpha Condé.

publié le dimanche 05 septembre 2021 à 16h50

Les forces spéciales guinéennes affirment l'avoir arrêté, ce dont se défend le ministère de la Défense. La France a condamné le putsch et appelé au retour à l'ordre constitutionnel.


La situation est très confuse à Conakry ou, à la mi-journée, un putsch mené par les forces spéciales a été revendiqué par un groupement armé en uniforme.

Les forces spéciales guinéennes ont ainsi affirmé dimanche avoir capturé le président Alpha Condé et "dissoudre" les institutions, dans une vidéo diffusée aux médias, tandis que le ministère de la Défense disait pourtant avoir repoussé leur attaque contre la présidence.

"Nous avons décidé après avoir pris le président, qui est actuellement avec nous (...) de dissoudre la Constitution en vigueur, de dissoudre les institutions; nous avons décidé aussi de dissoudre le gouvernement et la fermeture des frontières terrestres et aériennes", a déclaré un des putschistes en uniforme et en armes dans cette déclaration qui a aussi abondamment circulé sur les réseaux sociaux mais qui n'a pas été diffusée à la télévision nationale.


Les putschistes ont diffusé une vidéo du président Condé entre leurs mains. Ils lui demandent s'il a été maltraité, et Alpha Condé, en jeans et chemise dans un canapé, refuse de leur répondre.

De son côté, le ministère de la Défense a affirmé que "les insurgés (avaient) semé la peur" à Conakry avant de prendre la direction du palais présidentiel, mais que "la garde présidentielle, appuyée par les forces de défense et de sécurité, loyalistes et républicaines, ont contenu la menace et repoussé le groupe d'assaillants". 

D'après les informations de Jeune Afrique, le Groupement des forces spéciales (GPS) serait à l'origine de l'enlèvement du président, une information étayée par la diffusion de cette vidéo où apparaît un homme bien connu de ces unités spéciales : Mamady Doumbouya, un Malinké originaire de la région de Kankan. 

Condamnation de la France

"Ancien légionnaire de l'armée française, Mamady Doumbouya avait été rappelé en Guinée pour prendre la tête du GPS en 2018. Ces derniers mois, sa volonté d'autonomiser le GPS par rapport au ministère de la Défense avait suscité la méfiance du pouvoir de Conakry. En mai, des rumeurs infondées faisant part de sa possible arrestation avaient même circulé dans la capitale guinéenne", rapporte l'hebdomadaire international Jeune Afrique.

Alpha Condé avait annoncé en 2019 son intention de briguer un 3e mandat, ce qui avait entraîné plusieurs manifestations à Conakry et ailleurs dans le pays, parfois réprimées avec violences.

La France "condamne la tentative de prise de pouvoir par la force" en Guinée et appelle à "la libération immédiate et sans condition du président (Alpha) Condé", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dimanche soir. 

Paris "se joint à l'appel de la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour condamner la tentative de prise de pouvoir par la force" survenue dimanche et "demander le retour à l'ordre constitutionnel", écrit le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.

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