Guerre du deal à Besançon : une enquête pour tentative de meurtre après des tirs à l'arme lourde

Guerre du deal à Besançon : une enquête pour tentative de meurtre après des tirs à l'arme lourde
Le quartier de Planoise à Besançon, le 15 janvier 2020.

publié le mercredi 25 janvier 2023 à 17h08

Une fusillade avait éclaté dimanche soir dans le quartier de Planoise, gangrené par le trafic de drogue. 


Le parquet de Besançon (Doubs) a ouvert une enquête de flagrance pour tentative de meurtre en bande organisée, après une série de tirs à l'arme lourde dimanche soir dans le quartier de Planoise. C'est le théâtre d'une guerre de territoires entre dealers depuis plusieurs mois.

La fusillade, qui a éclaté dimanche vers 20H40, a laissé pas moins de 22 impacts de balles d'un calibre de 7,62 mm dans la cage d'escalier d'un immeuble, sans faire de victimes. 




"Il ne peut pas être anodin que ces tirs interviennent dans cette zone où depuis mai 2022 une série de tirs à l'arme de poing ou à l'arme de guerre manifeste le fait que des clans rivaux se disputent le contrôle de cette place de deal notoirement connue des toxicomanes", a estimé le procureur de Besançon, Étienne Manteaux, mercredi 25 janvier lors d'une conférence de presse. Le nombre d'impacts de balles et le calibre des munitions indiquent que les "individus étaient particulièrement déterminés et dangereux". 

Un véhicule utilisé par les malfaiteurs a pu être identifié par les enquêteurs avant d'être retrouvé à Poligny, dans le Jura. Ce véhicule avait été volé au début du mois à Beaune, en Côte-d'Or. Plusieurs jeux de plaques d'immatriculation ont été découverts à l'intérieur. Les exploitations d'éventuelles traces d'ADN et d'empreintes digitales sont en cours.


Une vingtaine de fusillades depuis 2019

Les enquêteurs ont également identifié un appartement susceptible d'être utilisé par les malfaiteurs comme base arrière, dans le quartier Planoise. Un fusil d'assaut, réplique d'un AK47, et des munitions ont été retrouvés, de même qu'une presse à stupéfiants. L'appartement, investi au petit matin par les enquêteurs de la police judiciaire, assistée par le Raid de Strasbourg, était vide. Mais un homme de 41 ans très défavorablement connu de la justice (25 condamnations), originaire de la région stéphanoise, s'y est présenté au moment de la perquisition. Il a été interpellé et placé en garde à vue. 

Le mois dernier, une information judiciaire avait été ouverte après deux fusillades qui avaient fait un mort dans ce même quartier. Entre novembre 2019 et mars 2020, deux bandes rivales s'étaient affrontées pour le contrôle du trafic de stupéfiants dans ce quartier de reconquête républicaine (QRR) : 18 fusillades avaient fait un mort et 11 blessés. 

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