Guadeloupe : enquête pour "détournement de fonds publics" à l'encontre d'une usine de masques subventionnée

Guadeloupe : enquête pour "détournement de fonds publics" à l'encontre d'une usine de masques subventionnée
Une usine de masques

publié le jeudi 29 avril 2021 à 12h40

L'usine a touché "450.000 euros" de subventions de la Région Guadeloupe. "L'enquête vise à vérifier les conditions dans lesquelles la subvention a été accordée et si les subventions ont été utilisées à bon escient", a indiqué le parquet. 

Des soupçons de détournement de subventions publiques pèsent sur une usine de masques chirurgicaux basée en Guadeloupe. Une enquête préliminaire a été ouverte début mars pour "prise illégale d'intérêt, détournement de fonds publics, escroquerie aggravée et corruption" à l'encontre de cette usine guadeloupéenne, a appris l'AFP jeudi 29 avril auprès du parquet de Pointe-à-Pitre, qui a confirmé une information du Canard Enchaîné.



L'enquête vise ainsi "une société qui a créé cette usine de masques, la société Respire + (basée à Baie-Mahault, commune de la Basse-Terre, NDLR), qui avait pour projet de procéder à la fabrication de masques de protection Covid, laquelle était susceptible de bénéficier de subventions", a précisé le procureur de Pointe-à-Pitre Patrick Desjardins. Selon lui, un montant de "450.000 euros" a été versé par la Région Guadeloupe.

"L'enquête vise à vérifier les conditions dans lesquelles la subvention a été accordée et si les subventions ont été utilisées à bon escient", a précisé le magistrat, confirmant par ailleurs que "des investigations sont à mener" à Saint-Domingue, où une société du même nom serait domiciliée selon Le Canard Enchaîné, avec comme "actionnaires un Burkinabé et deux Guadeloupéens". Les enquêteurs soupçonneraient, selon Le Canard, "la mise sur pied d'une usine bis chargée de fabriquer les masques à prix écrasés tandis que l'usine guadeloupéenne empochait les subventions".

Cité par l'hebdomadaire satirique comme actionnaire de cette société, Rodrigue Solitude, l'ancien chef de cabinet d'Ary Chalus, le président de la région, a déclaré à l'AFP qu'il n'était "pas actionnaire" de cette société et qu'il se réservait aussi "le droit de porter plainte contre Le Canard Enchaîné" et "quiconque qui aurait imité, qui aurait utilisé (son) nom et (sa) signature".

Ary Chalus a pour sa part déclaré à l'AFP avoir "la conscience tranquille" et dénoncé des manœuvres pour "essayer de salir (son) image" en période électorale. La Région Guadeloupe a par ailleurs indiqué dans un communiqué, mardi soir, qu'"elle se réserve le droit de se constituer partie civile" et que "l'accompagnement régional a été porté dans les règles de l'art et dans un respect strict de la réglementation".

Le directeur de l'usine de Baie-Mahault n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
 

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