Grève SNCF en Île-de-France : trafic perturbé pour le premier jour des oraux du bac

Grève SNCF en Île-de-France : trafic perturbé pour le premier jour des oraux du bac
(Photo d'illustration)

publié le dimanche 20 juin 2021 à 19h28

Les conducteurs de RER et trains de banlieue sont appelés à cesser le travail par plusieurs syndicats car "la coupe est pleine", proteste dans un tract SUD-Rail, rejoint selon les lignes par la CGT, l'Unsa et la CFDT.

La grogne des cheminots monte d'un cran à la SNCF, notamment contre la dégradation des conditions de travail et les conséquences de l'ouverture à la concurrence. Lundi 21 juin, les conducteurs de RER et trains de banlieue d'Île-de-France vont faire grève.

Plusieurs syndicats des différentes lignes régionales ont décidé "de taper tous le même jour" pour gêner le remplacement des grévistes par d'autres conducteurs de train, expliquait samedi à l'AFP Fabien Villedieu, responsable du syndicat SUD-Rail sur la zone Paris Sud-Est. 




Le trafic de certaines lignes sera "fortement perturbé", avait prévenu la SNCF dès jeudi, avant d'annoncer dimanche soir les prévisions complètes de trafic. Les lignes C, D et E du RER seront fortement impactées pour le premier jour des épreuves d'oral de français et de grand oral du baccalauréat.

Le service sera normal pour les lignes A, B, H, K, T. Il y aura un train sur deux sur les lignes J, L et U; un train sur trois avec desserte de tous les axes pour les lignes C, E, N. Un train sur trois roulera sur la ligne D, mais avec interconnexion suspendue entre Châtelet et Gare de Lyon. La desserte des gares au départ de Corbeil pour Juvisy via Ris-Orangis, Malesherbes et Melun est assurée en bus. Egalement un train sur trois pour les lignes P et R, avec là aussi une partie des gares desservies par des bus.

Les rectorats appelés à la tolérance

La SNCF fait savoir que des "gilets rouges" sont mobilisés pour informer et aider les élèves candidats aux épreuves du bac. En cas de problème, ils "doivent se présenter auprès des agents SNCF en gares ou à bord", et "en fonction de l'aléa et du contexte, ceux-ci peuvent être amenés à trouver un moyen de substitution aux candidats".

La "SNCF informe par ailleurs les rectorats des éventuelles conséquences en cas de perturbations. En fonction, les rectorats peuvent accepter un léger retard des candidats", précise-t-elle dans son communiqué.

La compagnie ferroviaire "invite les personnes ayant prévu de se déplacer en train en Île-de-France lundi de reporter dans la mesure du possible leur trajet".

Grève nationale le 1er juillet

Cet appel à la grève relaie des revendications qui peuvent varier selon les lignes, mais leur point commun "c'est l'ouverture à la concurrence" et les réorganisations déjà opérées en vue des futurs appels d'offres, selon Fabien Dumas, secrétaire fédéral de SUD-Rail. 

Au lendemain de cette grève, la CGT-Cheminots organisera - seule - un rassemblement mardi devant le siège de la SNCF à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Objectifs notamment pour le premier syndicat de la compagnie ferroviaire: réclamer des embauches, une hausse générale des salaires, "l'arrêt" de la création de filiales pour répondre aux appels d'offres et un statut social "protecteur" au sein du groupe.

La semaine suivante, le jeudi 1er juillet, la CGT - à nouveau seule - appellera les cheminots à une grève nationale. "C'est le résultat d'une certaine montée en pression sur plusieurs sites en mai et juin, qui illustre l'accentuation de la tension interne", selon le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun. "C'est aussi une période charnière de discussions sur le futur statut social du groupe", ajoute-t-il.

Tensions entre syndicats

Mais pour le secrétaire général de l'Unsa ferroviaire (2e syndicat), Didier Mathis, cette grève nationale "n'est pas opportune", alors qu'"on est dans une phase de reprise", avec "le retour des clients dans les TGV". Il s'oppose à "une grève préventive", face aux négociations en cours sur les "garanties" sociales pour les salariés qui seront transférés vers les entreprises victorieuses des appels d'offres. Ce que vise l'Unsa: "un sac à dos social le plus lourd possible".

"Chacun choisit ses modes d'action", tempère Thomas Cavel, secrétaire général de la CFDT-Cheminots (4e syndicat). Mais "ce qui m'inquiète, c'est qu'on a un vrai problème de calendrier" pour négocier, s'alarme-t-il. Or "il faut absolument avancer rapidement", car "c'est inacceptable" de laisser "les salariés sans garanties, sans visibilité".
 

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