Grève générale en Guadeloupe : le mouvement s'essouffle mais perdure

Grève générale en Guadeloupe : le mouvement s'essouffle mais perdure
Plusieurs centaines de manifestants ont partiellement bloqué l'accès au CHU de Guadeloupe

publié le mercredi 17 novembre 2021 à 20h55

La mobilisation perd en force mais se poursuit. Pour la troisième journée consécutive, la Guadeloupe restait en partie bloquée mercredi par des opposants à l'obligation vaccinale des soignants et au pass sanitaire.

Répondant à l'appel à la grève générale illimitée a été lancé par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes de Guadeloupe, des pompiers ont bloqué deux ronds-point fréquentés de l'île avec leur camions, en menant une opération escargot près du plus gros centre commercial du département, selon Routes de Guadeloupe.

Alexandre Rochatte, le préfet de Guadeloupe, a déploré mercredi dans un communiqué "l'organisation, depuis le début de cette semaine, de manifestations non déclarées dont le but est de perturber l'ordre public, par des personnes qui détournent l'utilisation des moyens et des uniformes publics et mettent ainsi à mal le devoir de réserve de leur corps, habituellement au service de la population". 


Il a également salué "l'action des forces de sécurité intérieure, policiers et gendarmes nationaux qui, face à des provocations et actions violentes, agissent avec maîtrise et dans le strict usage proportionné de la force nécessaire, afin de rétablir l'ordre public et de présenter à l'autorité judiciaire tout suspect d'infraction pénale".


Questionné par la sénatrice Annick Petrus mercredi devant le Sénat, le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré qu'il "ne reviendr(ait) pas sur l'obligation vaccinale pour les soignants (...), d'autant moins que l'obligation vaccinale s'agissant de la Guadeloupe et de Saint-Martin est quasiment arrivée à son terme".

Le ministre a ainsi indiqué que 85% du personnel était vacciné au CHU de Guadeloupe et plus de 90% au Centre hospitalier Louis-Constant Fleming, à Saint-Martin.

"Seuls les blocages des établissements sont la cause de certaines difficultés rencontrées par les usagers. Nous le déplorons et faisons tout pour les accompagner", a pour sa part indiqué l'Agence régionale de Santé de Guadeloupe, mercredi dans un communiqué.

D'autres raisons à la colère
De son côte, le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, a exprimé mercredi son inquiétude, mais a rappelé que l'obligation vaccinale n'était pas la seule cause du ras-le bol des Guadeloupéens. Au micro de franceinfo, Ary Chalus a indiqué avoir alerté de la situation "le président de la République", et "les membres du gouvernement en charge de la Guadeloupe".

Ary Chalus, qui a indiqué être vacciné mais "contre l'obligation vaccinale", a demandé "plus de concertation avec l'ARS". "Si on s'était mis autour d'une table avec les syndicats, avec les partenaires, on aurait pu trouver des solutions (concernant) cette obligation et on aurait pu trouver une autre porte de sortie", a-t-il assuré.


"Ce blocage n'est pas seulement dû à cette obligation vaccinale mais aussi à tous les problèmes que nous rencontrons depuis tantôt", a par ailleurs expliqué Ary Chalus. "Vous savez qu'avec cette situation sanitaire la Guadeloupe a beaucoup perdu, que ce soit en matière de taxe sur les carburants, sur les transports, les collectivités, et notamment pour la Région c'est près de 30 millions que nous avons perdu", a-t-il ajouté.

"Nous voyons que beaucoup sont accompagnés, sont aidés, au niveau de l'Hexagone et la Guadeloupe, la Martinique, les Antilles même, ne sont pas prises en compte. Ce qui est important aujourd'hui pour nous, c'est que l'État puisse entendre les doléances des Guadeloupéens de manière à ce qu'on puisse travailler ensemble, et surtout simplifier les procédures", a expliqué le président de Région.

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