Grève des routiers : blocages, pénurie de carburants... À quoi faut-il s'attendre lundi ?

Grève des routiers : blocages, pénurie de carburants... À quoi faut-il s'attendre lundi ?
Les grévistes promettent des "actions fortes et visibles" et une rapide pénurie de carburants.
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Orange avec AFP, publié le dimanche 24 septembre 2017 à 20h39

À l'appel de la CGT et de FO, les routiers lancent ce lundi 25 septembre à l'aube un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail. Pénurie de carburant et embouteillages sont attendus.

"La mobilisation sera plus massive que lors de la loi El Khomri", a assuré dimanche au Parisien, le secrétaire général de la Fédération CGT Transports, Jérôme Vérité.

► "UNE CINQUANTAINE" DE POINTS DE BLOCAGES

Les premiers blocages étaient attendus dès dimanche soir à Bordeaux et dans le département du Nord. "Il y a de la colère parmi les 300 000 routiers français", a déclaré Jérôme Vérité. "Même s'il faut rester prudent, ce peut être la plus grande démonstration de force depuis 1996-1997. À Bordeaux, 350 conducteurs sont disponibles, pareil dans le Nord, 150 à Rouen. En Île-de-France mais aussi à Marseille, Lyon, Nice et dans toute la France, la mobilisation devrait être au moins aussi importante que contre la loi El Khomri. On peut s'attendre à une cinquantaine de points de blocage".



"Il faut qu'on soit entendu, enfin, qu'ils arrêtent d'être sourds, ce sera un gros, gros mouvement", a de son côté promis le responsable FO-Transports des Alpes-Maritimes, Michel Dey.

► DES OPÉRATIONS ESCARGOTS ?

"Nous aurons des camions qui vont se garer sur le bord des routes ou aux ronds-points pour restreindre la circulation, notamment à proximité des zones logistiques et des dépôts de carburant", a ajouté Jérôme Vérité dans Le Parisien. "On peut aussi s'attendre à des opérations escargot sur les périphériques".



► VERS UNE PÉNURIE DE CARBURANTS ?

"Personne ne nous force la main. Mais je ne veux pas de grève par procuration", a déclaré le représentant de la CGT. "Penser que seuls les routiers pourraient faire plier le gouvernement serait un pari extrêmement risqué. Je souhaite qu'il y ait une convergence de lutte. Et ce sera la cas. Demain lundi et mardi, des dépôts pétroliers seront en grève et dans certaines raffineries, la production va diminuer". Des bases logistiques et dépôts de carburants, déjà ciblés avant l'Euro-2016 ou en mai dernier, sont notamment concernées. La CGT a d'ailleurs "incité" les automobilistes à "faire le plein assez rapidement", un conseil qui devrait accélérer la ruée vers les pompes...

► UN ARRÊTÉ POUR FACILITER L'APPROVISIONNEMENT

Par anticipation, le gouvernement a publié samedi un arrêté autorisant les transporteurs d'hydrocarbures à déroger temporairement aux règles en matière de temps de conduite et de repos, afin de faciliter les approvisionnements en carburant. Ce texte, daté du 22 septembre, est justifié par le fait que "l'approvisionnement en carburants est perturbé dans le cadre d'un mouvement social affectant plusieurs régions". "Cette situation constitue un cas d'urgence, justifiant la mise en œuvre d'une dérogation temporaire aux règles en matière de temps de conduite et de repos des conducteurs", ajoute le ministère des Transports.

Il permet, pour les conducteurs d'entreprises assurant le transport routier d'hydrocarbures, un dépassement de la durée de conduite journalière de deux heures maximum, qui réduit d'autant le temps de repos quotidien et allonge d'autant la durée de conduite hebdomadaire. Un règlement européen fixe à 56 heures maximum la durée de conduite hebdomadaire et à au moins 11 heures le temps de repos journalier.

► QUELLES SONT LEURS REVENDICATIONS ?

Les organisations de chauffeurs dénoncent la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes, "l'affaiblissement" des représentants du personnel ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. Ils s'inquiètent, plus spécifiquement, de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.

Les TPE et PME, soit l'essentiel du tissu économique, vont s'engager dans une course au "moins-disant social" pour remporter les appels d'offre, redoutent FO et CGT. "Manipulation grossière", rétorquent les fédérations patronales. "La convention collective ne prévoit pas de primes d'ancienneté mais des majorations d'ancienneté", celles-ci ne pourront "pas être remises en cause par les accords d'entreprise", assurent-elles.



Il s'agit "plus d'un sujet de droit commun que de transport", pointe de son côté la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en relevant que les revendications des grévistes sont "plus larges que les ordonnances". Effectivement, des motivations catégorielles se sont greffées à la contestation. "La bonne réponse, ce n'est pas le blocage mais le dialogue", a répondu vendredi soir sur France Info la ministre des Transports, Élisabeth Borne, assurant aux chauffeurs que "le gouvernement est très mobilisé pour éviter le dumping social".

"Le congé de fin d'activité sera maintenu, l'État assurera sa part de financement", a ajouté Élisabeth Borne. Elle a précisé dans un courrier aux syndicats que ces engagements seraient concrétisés par amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Ce dispositif, obtenu en 1996 à l'issue d'une longue grève, permet aux conducteurs ayant une ancienneté suffisante de cesser le travail au plus tôt 5 ans avant l'âge légal, en conservant 75% du salaire brut jusqu'à la retraite.

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44 commentaires - Grève des routiers : blocages, pénurie de carburants... À quoi faut-il s'attendre lundi ?
  • Pourquoi les grévistes empêchent-ils les gens d'aller travailler ? S'ils veulent être entendus,qu'ils bloquent plutôt les accès à l'Elysée, au Parlement, au Sénat, aux divers ministères, bref toutes les institutions qui ont contribué à ces ordonnances.

  • blablablabla blablablablabla comme toujours !!!!!

  • ça y est, les journalistes vont dépeindre une situation catastrophique et créer des mouvements divers vers les stations services. Mais ces syndicalistes ne font que prendre les français en otages. Ils ne savent même pas cibler leurs actions, c'est vraiment nul.

  • Faire grève si ils veulent mais bloquer les routes ce n'est pas correct et cela devrait être punis de prison avec de très fortes amendes

    c'est interdit par la loi mais qui aura le courage de leur foutre de PV pour entrave à la circulation ?

  • les poids lourds dont ces chauffeurs vont se servir pour bloquer ils sont à eux ou...pas ?Si ils ne leurs appartiennent pas je serai leur patron il iraient voir la porte direct car cela s'appelle du vol !

    utilisation de véhicules d'entreprise à des fins personnelles,cela doit etre sanctionné je pense !

    L'employeur est en droit de leur dire : " tu es viré "