Grève de la surveillance au baccalauréat : "c'est une minorité qui fera grève", assure Jean-Michel Blanquer 

Grève de la surveillance au baccalauréat : "c'est une minorité qui fera grève", assure Jean-Michel Blanquer 
Plus de 740.000 candidats plancheront sur les épreuves du baccalauréat lundi 17 juin.

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 14 juin 2019 à 11h54

À trois jours des premières épreuves du bac, les syndicats d'enseignants maintiennent leur préavis de grève de la surveillance pour les épreuves de lundi. "Ils n'ont aucune envie de saboter le moment auxquels ils les ont préparés", estime le ministre de l'Éducation nationale vendredi sur RTL.

 

Plus de 740.000 candidats, de 11 à 77 ans, plancheront à partir de lundi 17 juin sur les épreuves du baccalauréat. Mais alors que plane sur l'examen la menace d'une grève de la surveillance, les épreuves du baccalauréat pourront-elles se dérouler normalement ? 

Les syndicats d'enseignants ont appelé à la grève de la surveillance des épreuves du premier jour (philosophie pour les Terminales générales et technologiques, français pour les Premières), pour protester contre la réforme du bac. L'intersyndicale regroupe le Snes-FSU, premier syndicat chez les enseignants du secondaire, Sud-Éducation, la CGT... C'est la première fois depuis 2003 qu'un tel appel est déposé par des syndicats pour le bac.

Invité de RTL vendredi 14 juin, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer assure que les épreuves se dérouleront "normalement". "C'est mon premier devoir en tant que ministre de l'Éducation nationale de faire qu'il en soit ainsi", a assuré le ministre au micro de RTL. "Nous nous sommes organisés pour que les choses se passent normalement quels que soient les troubles ou les abstentions". 



"J'ai une grande confiance dans les professeurs de France. Les professeurs sont des personnes responsables, qui amènent leurs élèves jusqu'au baccalauréat. Ils n'ont aucune envie de saboter le moment auxquels ils les ont préparés. C'est une petite minorité qui fera grève, qui se fait beaucoup entendre dans les médias mais pour ma part ce qui m'intéresse, c'est intérêt des élèves. Et ce qui intéresse les professeurs c'est l'intérêt des élèves aussi". 

La crainte d'un bac "local" 

L'intersyndicale entend protester contre la réforme qui réduit notamment le nombre d'épreuves finales de l'examen au profit du contrôle continu et qui s'accompagne d'une refonte de l'enseignement au lycée.  Les syndicats voient dans cette transformation effective en 2021 l'instauration d'un bac "local", dont la valeur dépendra du lycée dans lequel le jeune aura effectué sa scolarité, et prévoient "un rythme effréné des évaluations" via le contrôle continu.



Il n'est "pas sûr que la grève soit très suivie car cela remettrait en question un examen sur lequel les profs ont travaillé toute l'année", mais "on n'est pas hyper sereins", résume auprès de l'AFP Bruno Bobkiewicz, membre du bureau national du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissement.  "On a doublé le nombre de notre réserve de remplaçants" pour la surveillance, souligne ce proviseur du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, en banlieue parisienne. "S'il y a beaucoup de grévistes, on pourra aussi mobiliser les collègues qui occupent les couloirs et mettre un prof au lieu de deux dans chaque salle".

"Le risque d'opposer les enseignants aux élèves et à leurs familles" 

"Nous ne sommes pas particulièrement inquiets, mais nous sommes vigilants", a déclaré Jean-Marc Huart, le numéro deux officieux du ministère, lors d'une conférence de presse. "Les chefs des centres d'examen ont convoqué plus de personnels que d'habitude", a-t-il précisé. "L'an dernier, l'organisation du bac s'était adaptée à la grève de la SNCF", a-t-il encore rappelé.

L'ampleur du mouvement est difficile à prévoir. D'autres syndicats, bien que critiques envers la politique de Jean-Michel Blanquer, ont refusé de se joindre à cette action. Une grève ce jour-là "prend le risque d'opposer les enseignants aux élèves et à leurs familles", relève le SE-Unsa.

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