Grève de la faim en soutien aux migrants : le ministère de l'Intérieur envoie un médiateur à Calais

Grève de la faim en soutien aux migrants : le ministère de l'Intérieur envoie un médiateur à Calais
Camp de migrants à Calais, en février 2021.

publié le mardi 26 octobre 2021 à 19h30

Les grévistes demandent notamment l'arrêt des démantèlements des camps de migrants pendant la période hivernale.

Mission de médiation à Calais, théâtre d'une retentissante grève de la faim en soutien aux migrants. Le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) "Didier Leschi est envoyé par le ministère de l'Intérieur à Calais à partir de demain (mercredi 27 octobre, ndlr) pour une mission de contact", a indiqué la place Beauvau à l'AFP mardi, soit deux semaines après le début de la grève.

Il s'agit d'une "mission de contact et de médiation pour mettre en place les conditions d'une sortie de crise constructive pour tous", a souligné le directeur général de l'Ofii.

Didier Leschi, l'un des acteurs du démantèlement de la "jungle" de Calais il y a cinq ans presque jour pour jour, doit notamment rencontrer les acteurs associatifs et les trois personnes qui ont initié la grève de la faim le 11 octobre dernier.



Philippe Demeestère, un aumônier du Secours catholique pour le Pas-de-Calais, âgé de 72 ans, ainsi que deux militants associatifs, Anaïs Vogel et Ludovic Holbein, se sont engagés dans cette grève de la faim notamment pour réclamer l'arrêt des démantèlements des camps de migrants pendant la période hivernale.

"C'est bien qu'il y ait quelqu'un qui vienne. (...) J'espère qu'enfin on pourra parler de tout, de la réalité, de ce que les gens vivent, et pas à partir d'une figure de l'exilé, fantomatique, dans laquelle on loge toutes nos peurs, les intérêts électoraux, etc.", a réagi auprès de l'AFP le prêtre jésuite. Cette tentative de médiation du gouvernement doit être "l'occasion" de nouer un dialogue pour nommer ce "qu'on ne veut plus voir : c'est inadmissible de laisser des enfants qui claquent des dents dans les jungles", a-t-il ajouté, précisant que "la grève de la faim continue pour le moment".

Dans un communiqué commun, 150 associations se sont jointes mardi aux revendications des trois grévistes de la faim, pour réclamer la "suspension des expulsions quotidiennes" des campements sur le littoral nord, l'"arrêt de la confiscation des tentes et des effets personnels des personnes exilées", ainsi que l'ouverture d'un dialogue "raisonné" entre l'État et les associations, dont certaines ne sont plus autorisées depuis des mois à distribuer de la nourriture dans le centre-ville de Calais. 

"Les grévistes de la faim de l'église Saint-Pierre (...) mettent leur santé en jeu. Chaque jour compte désormais, et nous enjoignons les autorités à répondre à ces trois demandes favorablement et sans délai", ont écrit les associations et ONG dont Amnesty international ou le Secours catholique-Caritas France, réclamant "la fin immédiate des traitements inhumains et dégradants contre les personnes exilées dans cette zone frontalière".

"La situation dans le nord est effectivement toujours très tendue, car beaucoup de personnes veulent encore traverser la Manche pour le Royaume-Uni", a confirmé mardi devant l'Assemblée nationale Marlène Schiappa, ministre déléguée notamment en charge de l'asile et de l'intégration. "Il ne faut pas tomber dans la caricature, il y a effectivement des camps démantelés pour mettre des personnes à l'abri dans des centres d'accueil", a-t-elle ajouté, soulignant que plus de 13.000 personnes ont été mises à l'abri dans le Pas-de-Calais depuis 2017.

La semaine dernière, le préfet du Pas-de-Calais Louis Le Franc avait de son côté annoncé vouloir "accroître la fréquence des réunions de concertations organisées à la sous-préfecture de Calais", ville-frontière avec le Royaume-Uni, vers lequel de nombreux migrants tentent quotidiennement de passer.

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