Grève contre la réforme des retraites : ce qui vous attend cette semaine

Grève contre la réforme des retraites : ce qui vous attend cette semaine©Panoramic

, publié le dimanche 08 décembre 2019 à 17h00

La mobilisation contre la réforme des retraites devrait se poursuivre durant la semaine du 9 au 15 décembre. Transports, éducation, fonction publique...

De nombreux secteurs vont être touchés. La SNCF et la RATP ont communiqué leur plan de circulation pour la journée de lundi.

Les grèves nationales qui touchent la France depuis le jeudi 5 décembre devraient continuer durant la semaine du 9 au 15 décembre. Plusieurs secteurs professionnels comptent de nouveau se mobiliser. Dès samedi 7 décembre, la RATP annonçait aux Franciliens la couleur pour la semaine : un trafic "extrêmement perturbé" avec un risque "fort de saturation". Même son de cloche du côté de la SNCF : "L'affluence en gare sera très dangereuse lundi". Ce dimanche, les deux entités ont communiqué les prévisions de trafic pour la journée de lundi.

SNCF

Du côté de la SNCF, le trafic sera encore fortement perturbé ce lundi. La porte-parole de la SNCF a indiqué qu'il y aurait un léger mieux concernant les TGV avec près de 20 % des trains maintenus. Pour les TER, 1 trajet sur 3 devrait être maintenu, mais "essentiellement par bus". Sur Ouigo, environ 15 % du trafic sera assuré.
2 trains sur 3 circuleront sur Eurostar et 3 sur 5 pour le Thalys.

Côté Transilien, 1 train sur 5 devrait circuler soit une légère amélioration. Sur la ligne A, 1 train sur 2 circulera aux heures de pointe sur les branches de Cergy et Poissy a indiqué la SNCF. Un tiers sur la ligne B, mais l'interconnexion est suspendue à gare du Nord. Sur la ligne C, 4 trains rouleront par heure sur la ligne Paris-Austerlitz-Brétigny, et 2 seulement sur les branches Paris Austerlitz-Massy et Paris-Austerlitz-Juvisy.
Enfin, sur le RER D, il y aura 3 trains par heure sur la branche nord et 2 sur la branche sud.



RATP

La RATP avait d'ores et déjà annoncé les perturbations sur son réseau, avec un trafic normal sur les lignes 1 et 14, toutes deux automatisées.
Quatre lignes seront ouvertes partiellement, aux heures de pointe (6h30-9h30 / 16h30-19h30) : 1 train sur 3 sur les lignes 4 et 7 avec plusieurs stations de fermées.
Il y aura 1 train sur 3 aussi sur la ligne 8 mais seulement entre Créteil Pointe-du-Lac et Reuilly Diderot.
Sur la 9 : 1 train sur 2 entre Nation et Mairie de Montreuil et 1 train sur 4 entre Pont de Sèvres et Franklin Delano Roosevelt.
1 train sur 2 est prévu sur le RER A et 1 sur 3 sur le RER B. Plus d'1 bus sur 2 devrait circuler.


Quelles solutions ?

Pour faire face à ce futur blocage des transports en commun, quelques solutions commencent à voir le jour. Le directeur de SNCF Transilien Alain Krakovitch confie à France Bleu ce dimanche que des remboursements seront possibles pour les abonnés du Pass Navigo. Seuls seront éligibles ceux dont les lignes qu'ils fréquentent n'ont pas pu offrir au minimum "un train par heure en heures de pointe". Les personnes disposant d'un billet TGV Inoui ou Intercités peuvent se le faire rembourser ou échanger en se manifestant d'ici le mercredi 11 décembre.

Afin de désengorger les axes franciliens, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a annoncé l'ouverture des voies de bus et de taxis au covoiturage. "La mesure s'appliquera à partir de trois personnes dans la voiture et débutera à cinq heures du matin", a précisé le ministère. Pour reconnaître ces voies, des panneaux lumineux seront mis en place. La mesure pourra être reconduite les jours suivants, mais ne concerne que l'Ile-de-France, pas l'intérieur de la capitale.

L'éducation et les aéroports aussi concernés

Outre la SNCF et la RATP, d'autres corps de métiers poursuivront la grève cette semaine. C'est le cas notamment des enseignants, très mobilisés jeudi 5 décembre, qui restent l'un des régimes les plus visés par cette réforme. En effet, la journée du mardi 10 décembre pourrait ressembler à celle de jeudi dernier. Le ministère de l'Éducation avait estimé à 51 % le taux de grévistes, un chiffre sous-estimé pour les syndicats qui parlaient de 70 % dans le primaire et 75 % dans le secondaire. Si la mobilisation était relativement faible dans les universités (72 universités touchées), le mouvement serait "en train de prendre" selon l'Unef.
Dans les aéroports, 20 % des vols avaient été annulés environ jeudi et vendredi. Le contrôle aérien devrait à nouveau être perturbé et entraîner des suppressions de vols.

Les syndicats appellent à la mobilisation mardi 10 décembre

Des blocages dans les transports continueront d'avoir lieu toute la semaine. Les trois principaux syndicats à la SNCF, SUD-Rail, Unsa ferroviaire et la CGT-Cheminots, encouragent à une nouvelle mobilisation. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots appelle "au renforcement du mouvement à partir de lundi pour bien matérialiser auprès du gouvernement que nous voulons le retrait de son projet par points". Un blocage qui pourrait durer jusqu'aux fêtes de Noël. "Les cheminots ne se fixent pas de limites", a-t-il affirmé dans des propos relayés par Le Point.

Une réunion intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU s'est tenue vendredi 6 décembre dans la matinée. Il y a été décidé que le mardi 10 décembre serait une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle. Au terme de ces manifestations, une nouvelle réunion se tiendra pour décider de la suite des manifestations.

Cette manifestation doit relier la place Vauban (7e arrondissement de Paris) à Denfert-Rochereau (14e arrondissement). L'itinéraire fera passer les manifestants par l'avenue de Villars, le boulevard des Invalides, celui de Montparnasse, la place Pablo Picasso et le boulevard Raspail.
Afin d'éviter tous débordements, le préfet de police de Paris a publié samedi 7 décembre un arrêté obligeant les responsables des commerces de débits de boissons et restaurants, installés sur le parcours du cortège intersyndical, à "fermer leur établissement le temps de la manifestation". Le préfet de police demande aussi aux commerces de sécuriser leurs établissements et de les vider pour éviter que "tout mobilier ne serve de projectile ou d'arme par destination".
En outre, tout rassemblement sera interdit dans le secteur des Champs-Elysées, et dans un périmètre "comprenant le ministère de l'Intérieur, l'Assemblée nationale, l'Hôtel Matignon et la cathédrale Notre-Dame de Paris".

Dans un entretien au Journal du Dimanche, dimanche 8 décembre, le patron de la CGT Philippe Martinez s'est félicité du « très beau succès » de cet élan de contestation. Il estime que l'appel à la grève des syndicats devrait être entendu et alerte le gouvernement. "Si enlisement il y a, c'est le gouvernement qui l'aura décidé", prévient-il. Secrétaire général de FO, Yves Veyrier assure que son syndicat restera intransigeant. "Je ne négocierai pas la mise en œuvre de ce que je qualifie un monstre, un danger pour les retraites de demain", rappelle-t-il sur BFMTV.

Un calendrier chargé pour l'exécutif

Face à l'urgence de la situation, Emmanuel Macron a décidé de convoquer ses ministres au palais de l'Élysée ce dimanche soir. Son entourage décrit ce rendez-vous comme "une réunion de travail" pour préparer les "échéances du début et milieu de semaine". Une semaine décisive qui commencera par la réception des partenaires sociaux lundi 9 décembre par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, accompagnée du haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye. Ils devront présenter les conclusions de la concertation lancée en septembre par le gouvernement.

Si les syndicats appellent à une mobilisation massive mardi 10 décembre, c'est qu'ils ont identifié cette date comme la plus stratégique pour faire pression sur le gouvernement. Elle aura lieu la veille de l'annonce majeure du Premier ministre Édouard Philippe. Mercredi 11 décembre, à midi, il doit présenter l'intégralité du projet de réforme des retraites. "Le débat pourra ainsi s'organiser autour de propositions claires", affirme-t-il.

Dimanche 8 décembre, le Premier ministre assure dans les colonnes du Journal du Dimanche qu'il est "déterminé à mener la réforme à son terme et très soucieux de le faire en respectant les gens et en répondant à leurs inquiétudes". Dans le même hebdomadaire, Philippe Martinez réaffirme son envie, s'il le faut, de gagner à l'usure. "En 1995, au début de la première manifestation, le Premier ministre Alain Juppé avait dit que jamais il ne retirerait son projet. Les choses évoluent vite. Et la colère est grande. Le gouvernement devrait être attentif", souligne-t-il.

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