Grève chez Carrefour : un bon d'achat de 150 euros proposé aux salariés

Grève chez Carrefour : un bon d'achat de 150 euros proposé aux salariés
Au moins 300 magasins avaient été touchés samedi par la mobilisation des salariés "pour l'emploi et le pouvoir d'achat".

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 avril 2018 à 11h20

Pour répondre à la colère des salariés, la direction de Carrefour a proposé un bon d'achat "maison" de 150 euros à chaque salarié à temps complet.

Après Whirlpool et son sèche-linge, la direction de Carrefour a tenté de calmer la colère de ses salariés en leur proposant un bon d'achat "maison" de 150 euros pour un salarié à temps complet, ont annoncé jeudi 6 avril les syndicats FO, CGT et CFDT. Confirmant ce montant, la direction du géant de la distribution a évoqué un dispositif "gagnant gagnant", visant à "répondre aux préoccupations de pouvoir d'achat" des salariés, la somme étant aussi "réintroduite dans le chiffre d'affaire" de l'entreprise.

"Ça nous étonnerait que les salariés s'en satisfassent"

"Tout ça pour ça", a réagi de son côté Philippe Allard (CGT) à propos du bon d'achat en réponse à une grève "historique".

"Ça nous étonnerait que les salariés s'en satisfassent", a-t-il estimé, d'autant qu'il n'y a "pas d'engagement ferme sur le reste". 

L'annonce début mars de la participation - 57 euros brut en moyenne contre 610 l'an dernier - a été l'un des catalyseurs de la grève de samedi, qui visait aussi à protester contre les milliers de suppressions d'emplois prévues. La direction avait déjà proposé de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d'intéressement.

Au moins 300 magasins avaient été touchés samedi - avec des barrages filtrants, des blocages ou des fermetures - par la grève lancée par FO et la CFDT, et relayée séparément par la CGT. La veille, des entrepôts du groupe avaient déjà été perturbés.



"La balle est dans le camp" de la direction, avaient alors souligné FO et la CFDT, sans exclure de nouvelles actions. La CGT, qui a déjà appelé les salariés à manifester "le 13 avril et les week-ends des 1er et 8 mai 2018", "maintient" sa mobilisation, a ajouté Philippe Allard.

"Des signaux d'apaisement"

D'autres propositions ont été avancées. Il y a un "engagement ferme" sur la mise en place d'une "instance de dialogue social" au niveau des magasins franchisés et en location gérance, une revendication de longue date de la CFDT, s'est félicité son représentant Sylvain Macé.

Selon FO, premier syndicat du groupe, le passage en location gérance de cinq hypermarchés a également été "reporté à septembre" et le "principe" d'une "clause sociale" pour les salariés des supermarchés et hypermarchés concernés a été "validé", a précisé Michel Enguelz (FO). Des demandes sur le plan de départs volontaires (2.400 salariés des sièges concernés) ont aussi été "prises en compte", "nous allons valider", a-t-il ajouté. 

Sylvain Macé a salué des "signaux d'apaisement", "de nature à renouer le dialogue social". Mais "on va veiller à ce que l'entreprise ne reprenne pas d'une main ce qu'elle donne de l'autre", a-t-il poursuivi, en référence aux négociations salariales.

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