Grenoble: un enseignant jugé après la mort de deux lycéens dans une avalanche

Grenoble: un enseignant jugé après la mort de deux lycéens dans une avalanche
Des barrières de sécurité sur une piste des Deux-Alpes le 13 janvier 2016

AFP, publié le mardi 23 octobre 2018 à 12h23

Un professeur de sport de 50 ans est jugé ce mardi après-midi à Grenoble pour "homicides involontaires", deux ans et demi après le décès dans une avalanche de deux lycéens lors d'une sortie de ski qu'il encadrait aux Deux Alpes (Isère).

Le 13 janvier 2016, deux lycéens de 16 ans et un Ukrainien de 46 ans avaient été retrouvés morts dans une coulée qui s'était déclenchée à leur passage, peu avant 16H00, sur un secteur hors piste de la station.

L'avalanche, qui avait progressé sur une piste noire fermée en raison du risque, de niveau 3 sur une échelle de 5 - et dont l'accès était encadré d'une signalétique dissuasive en plusieurs langues -, avait également enseveli deux autres skieurs, dont l'enseignant.

Ce dernier encadrait alors un groupe de dix élèves de première d'un lycée lyonnais en stage d'une semaine au sein de la station.Il avait été extrait polytraumatisé, tandis qu'un autre lycéen s'en était sorti indemne.

Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, le professeur - qui n'enseigne plus - n'a pas été suspendu par l'Éducation nationale mais a fait l'objet d'une procédure disciplinaire.

En mars dernier, le parquet de Grenoble avait requis son renvoi devant le tribunal correctionnel après deux ans d'enquête, lui reprochant notamment son manque d'autorité et un "manquement à une obligation de prudence et de sécurité".

Dans son réquisitoire, il a estimé que le professeur de sport a "totalement" failli "dans sa mission d'encadrement" et commis "une faute caractérisée" en exposant ses élèves à "un risque d'une particulière gravité qu'il ne pouvait ignorer".

Aucune poursuite n'a en revanche été engagée contre l'Éducation nationale - "aucune faute manifeste" n'a été relevée -, ni la station des Deux Alpes, qui avait correctement signalé la fermeture de la piste et averti du risque avalancheux, a argumenté le parquet.

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