Grand débat national : Chantal Jouanno jette l'éponge

Grand débat national : Chantal Jouanno jette l'éponge
Chantal Jouanno le 28 octobre 2015 à Paris.

, publié le mardi 08 janvier 2019 à 20h22

Chantal Jouanno, qui devait piloter le grand débat national voulu par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des "gilets jaunes", a annoncé son retrait du dispositif. En cause : la révélation de son salaire qui a suscité la polémique dans les rangs de l'opposition et des "gilets jaunes". 

Après la polémique sur son salaire, Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), qui est chargée de l'organisation du "grand débat national", a annoncé sur France 2 son retrait.  La révélation de son salaire lundi a suscité une polémique, certains "gilets jaunes" et leurs soutiens la prenant à partie.

Son salaire s'élevait à 14.666 euros bruts mensuels, selon La Lettre A, soit un revenu quasi-équivalent à celui du président de la République ou du Premier ministre, qui touchent chacun 15.140 euros bruts par mois.

Un nouveau mode de pilotage présenté mercredi

"J'ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat", a déclaré l'ancienne ministre au journal de France 2, estimant que les débats nés sur son niveau de salaire était "légitimes" mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" n'étaient pas assurées. "C'est une décision que j'ai prise parce que je crois en ce débat (...) plus que nécessaire", a-t-elle poursuivi, précisant qu'elle ne quittait pas pour autant la présidence de la CNDP."Le gouvernement prend acte de la décision de Chantal Jouanno et proposera à l'issue du séminaire gouvernemental (mercredi, ndlr) une organisation et un mode de pilotage du 'Grand débat national' qui présenteront des garanties équivalentes en termes d'indépendance et de neutralité", a réagi auprès de l'AFP Matignon.

Ses explications n'auront pas suffi

"C'est le salaire fixé par les autorités pour les présidents de la CNDP, quels qu'ils soient", avait-elle  expliqué lundi au micro de franceinfo. "Cela ne dépend pas de moi et ça n'est pas lié au grand débat national".  "Je comprends (que ça puisse choquer) et je pense que c'est important aussi que les gens disent pourquoi ça les choque, en quoi ça pose problème, et à la limite, s'ils veulent faire une proposition pour réviser ce salaire, ils en sont totalement libres", avait ajouté Chantal Jouanno en invitant à mettre ce sujet au programme du "grand débat". Cette révélation a suscité l'indignation de l'opposition.


Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a pris sa défense mardi. "A un moment donné, il va quand même falloir qu'on reprenne le sens de la mesure. Il y a des joueurs de foot qui gagnent un million d'euros par mois et ça ne choque personne", a-t-il réagi sur Europe 1. "Si on considère qu'exercer des responsabilités politiques, c'est quelque chose qui ne doit pas être rémunéré ou qui doit être rémunéré simplement au salaire minimum, eh bien ça veut dire qu'on considère qu'il n'y a plus d'échelle de valeurs dans les responsabilités", a estimé le ministre, qui n'est "pas pour que tout le monde gagne pareil partout". 

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