Givors : trois agressions en quatre jours dans un collège, des enseignants en grève de la faim

Givors : trois agressions en quatre jours dans un collège, des enseignants en grève de la faim
(illustration)

, publié le mercredi 03 février 2021 à 13h42

Le personnel du collège Lucie-Aubrac réclame depuis plusieurs années le classement de l'établissement en Rep+.

Deux professeurs d'un collège de Givors, entre Lyon et Saint-Etienne, sont en grève de la faim depuis neuf jours. Cette action a été entamée après des agressions de collègues mais qui s'inscrit dans une lutte ancienne pour que l'établissement soit classé Rep+.

Un rassemblement était prévu mercredi 3 février à l'occasion d'une audience au rectorat sur le dossier.

Une première n'avait pas abouti lundi, selon une porte-parole de l'équipe éducative du collège Lucie-Aubrac, qui compte quelque 540 élèves et fait déjà partie d'un réseau d'éducation prioritaire (Rep). "En 2015, nous avions tous les critères nécessaires pour passer en Rep+ mais cela ne nous a pas été accordé, alors que les indicateurs se sont dégradés depuis", affirme Leïla M., qui enseigne les arts plastiques dans l'établissement depuis 10 ans.

Elle a entamé une grève de la faim le 25 janvier avec son collègue d'histoire-géographie Pierre R., en poste depuis 25 ans. "Une grève de la faim, ça peut paraître excessif mais on a fait des grèves, on a fait des manifs, on a fait des pétitions depuis cinq-six ans et on a vraiment l'impression de perdre notre temps. Alors on s'est dit qu'on allait frapper un grand coup", explique ce dernier.



Tous deux ne s'alimentent que de légers bouillons et passent leurs nuits dans l'établissement. Avec des collègues réunis au sein du "Collectif Aubrac", ils diffusent quotidiennement des vidéos sur YouTube pour expliquer leur action qui a démarré après "trois agressions en quatre jours".

Lors d'un cours, un délégué de classe mécontent d'une remarque d'un enseignant lui a lancé une paire de ciseaux qui s'est plantée dans le tableau; à la sortie du collège, une professeure a été prise à partie par plusieurs élèves qui l'ont insultée; enfin, un collègue a été poursuivi en voiture en sortant d'une réunion tard le soir. Le collectif n'y voit que "le triste aboutissement d'une dégradation du climat scolaire depuis plusieurs années", face à laquelle ils réclament plus de moyens financiers et humains, qu'un classement Rep+ permettrait d'obtenir.

Pour l'heure, la mobilisation a permis d'obtenir un demi-poste de conseiller principal d'éducation (CPE) et un poste d'assistant d'éducation (AED) supplémentaires. Mais toujours pas de Rep+: le rectorat a répondu que ce n'était pas de son ressort, selon le collectif qui s'est donc adressé directement au gouvernement dans sa dernière vidéo diffusée mardi soir.
 

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