Gironde : incendie volontaire contre un possible futur centre de migrants

Gironde : incendie volontaire contre un possible futur centre de migrants
Le possible futur centre de migrants d'Arès (Gironde) a été visé par deux départs de feu criminels (photo d'illustration).

, publié le samedi 15 octobre 2016 à 09h02

Un centre de vacances d'Arès (Gironde) a été légèrement endommagé par un incendie volontaire dans la nuit de jeudi à vendredi. Le site pourrait être destiné à l'accueil de 30 à 50 migrants venus de Calais.

Les deux départs de feu, éteints sans intervention des pompiers, ont "endommagé le portail extérieur" du centre de vacances géré par la Caisse centrale d'activité sociale (CCAS) d'EDF, et la porte d'entrée du bâtiment principal, "sans se propager au-delà", a indiqué la préfecture vendredi.

Des "traces d'hydrocarbures" ont été trouvées par les gendarmes lors des premières constatations sur place, vendredi matin, et une enquête de gendarmerie est en cours.

Le maire d'Arès, Jean-Guy Perrière (DVD), a assuré à l'AFP que les dégâts étaient "très légers", la structure du portail et une porte ayant été noircies par un feu "qui s'est éteint tout seul" et dont les traces ont été découvertes à l'ouverture du centre, tôt vendredi matin. Le maire a "condamné sans réserve" l'acte perpétré dans la nuit et s'est dit "désolé de ce qui arrive d'une manière générale", et peut amener des gens, du côté des pro comme des anti-migrants, "à dépasser les limites du raisonnable".

DEUX PÉTITIONS CIRCULENT

Arès, une commune située sur le nord du Bassin d'Arcachon, est l'un des sites à l'étude en Gironde pour accueillir des migrants venus de Calais. Quelque 900 d'entre eux doivent être accueillis dans la région Nouvelle Aquitaine au cours des prochaines semaines, selon les chiffres de la préfecture. Ils devraient être répartis par groupes de 30 à 50 dans chaque site retenu. Le conseil municipal d'Arès, à majorité de droite, avait voté fin septembre une délibération se prononçant contre l'accueil de migrants dans la commune. Et les semaines suivantes ont vu le débat se poursuivre entre "pro" et "anti", avec lancement de pétitions, et deux manifestations qui ont rassemblé, selon le maire, environ 150 personnes favorables à l'accueil de migrants, et 300 contre. Des rassemblements qui se sont déroulées "sereinement", a souligné l'élu.



La CCAS, dans un communiqué vendredi soir, a dénoncé des attaques "inqualifiables" contre le centre d'Arès, comme ces dernières semaines à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) et Saint Hilaire du Rosier (Isère), également susceptibles d'accueillir des migrants de Calais, et où "des personnes se sont autorisées à tirer des coups de feu". Elle a indiqué avoir porté plainte pour chacune de ces attaques. L'organisme dit avoir alerté les autorités afin de "mettre en place une surveillance accrue sur les centres de vacances susceptibles d'accueillir des réfugiés" et "protéger les électriciens et gaziers", bénéficiaires de ces activités sociales, et les personnels.


La CCAS rappelle enfin que la mise à disposition de ces centres fait suite à "l'engagement unanime" des syndicats d'électriciens et gaziers "dans une démarche solidaire d'accueil de migrants". Elle "réaffirme avec force (sa) détermination pour la paix, la solidarité entre les peuples et les valeurs humanistes". Le préfet de Gironde et de Nouvelle Aquitaine Pierre Dartout a "condamné vivement" les dégradations d'Arès. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.