Gironde: 4 mois avec sursis pour violence lors d'un rassemblement hostile à Robert Ménard

Gironde: 4 mois avec sursis pour violence lors d'un rassemblement hostile à Robert Ménard
Le maire de Béziers Robert Ménard (proche du RN) et son avocat Sébastien Journe au tribunal correctionnel de Bordeaux le 15 février 2019

AFP, publié le vendredi 15 février 2019 à 18h40

Une peine de quatre mois de prison avec sursis a été prononcée vendredi à Bordeaux contre un quinquagénaire, pour violences en mai dernier en Gironde autour d'une réunion-débat avec le maire de Béziers Robert Ménard (proche du RN), qui avait été agressé.

La même peine, quatre mois avec sursis, avait été requise contre ce dessinateur industriel de 53 ans, père de famille sans antécédent judiciaire. Doux et contrit à la barre, il a dit au tribunal correctionnel "ne pas partager les idées de Robert Ménard", mais "ne pas se reconnaître dans ses actes ce jour-là", lors d'une bousculade qui a "dégénéré" et à laquelle il s'est mêlé "de façon irréfléchie et stupide". 

Invité d'une réunion-débat sur l'union des droites à Saint-André-de-Cubzac, M. Ménard avait été accueilli à son arrivée par un rassemblement de 60-70 personnes hostiles à sa venue. Le rassemblement avait tourné aux invectives, puis à une brève bousculade durant laquelle quelques coups avaient été portés.

M. Ménard avait ensuite pu accéder à la salle et animer, sans incident, la réunion-débat sur l'union des droites. Victime de légères contusions ou ecchymoses au cuir chevelu et au coude, il avait par la suite produit une ITT de 4 jours, deux Girondins membres ou proches du FN avaient produit des ITT de 3 et 2 jours. Tout trois étaient parties civiles.

"Cette scène aurait pu très mal tourner. On est passé tout près du pire (...) on aurait pu assister à un lynchage", a affirmé Me Sébastien Journé, avocat de M. Ménard présent à l'audience, accusant le prévenu d'avoir "mis le feu aux poudres".

Pour la défense, Me Emmanuelle Plumelet a rappelé que son client n'avait en fait pas directement agressé ou touché M. Ménard. Mais avait agrippé une des parties civiles, "geste qui a eu pour conséquence" de faire tomber à terre l'élu de Béziers. 

Elle a rappelé que si trois porteurs de coups avaient été identifiés par l'enquête, seul son client était poursuivi, et qu'il "ne pouvait assumer seul l'ensemble des blessures subies par les parties civiles".

Outre les quatre mois de sursis pour "violences en réunion", le tribunal a condamné le prévenu à verser aux parties civiles des dommages et intérêts allant de 1.000 à 4.500 euros dans le cas de M. Ménard, pour préjudices corporel et moral.

M. Ménard s'est dit "satisfait" de voir sanctionner l'acte  "pas anodin, pas anecdotique", qu'est "taper sur un élu". "Je vois tout un tas de gens protester contre des agressions contre des permanences, domiciles, d'élus LREM. A juste titre, car c'est inadmissible", a-t-il estimé. "J'attends encore une réaction officielle après une agression physique à mon égard. Y a-t-il deux poids deux mesures ?"

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