Gilets jaunes : un policier condamné pour violences

Gilets jaunes : un policier condamné pour violences
(illustration)

, publié le jeudi 12 novembre 2020 à 22h00

Les faits s'étaient déroulées l'hiver dernier, à Paris.

Un policier de 29 ans a été condamné à huit mois de prison avec sursis, jeudi 12 novembre, pour des violences sur deux "gilets jaunes" le 23 février 2019 à Paris. Des vidéos des faits, qui s'étaient déroulés place du Trocadero lors de l'acte 15 du mouvement, avaient été diffusés sur les réseaux sociaux puis signalées par trois internautes, entraînant l'ouverture d'une enquête par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).


Ce jour-là, à la fin de la manifestation vers 17h40, des membres de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) 75 avaient interpellé deux manifestants.

Le premier avait été amené au sol quand un fonctionnaire lui avait porté un coup de pied au visage. Quelques secondes plus tard, ce même policier avait assené un coup de "bâton souple de défense" dans la figure du second, alors qu'il était encadré lui aussi par des policiers.

Les deux frères d'une cinquantaine d'années avaient été identifiés comme les auteurs de violences sur des forces de l'ordre plus tôt, vers 14h, lors d'une "bousculade" sur le pont du Carrousel, ce qu'ils contestent. Dans ce volet, ils avaient été condamnés en comparution immédiate à 8 mois de prison avec sursis. Un procès en appel est prévu en mars 2021.

"Honteux", l'agent a présenté ses excuses

"Je vois que les collègues ne parviennent pas tout de suite à saisir les mains, je repense à ce qu'il s'est passé sur le pont, j'ai peur qu'il prenne la fuite de nouveau", a tenté d'expliquer jeudi le policier, parlant d'un "réflexe" et affirmant avoir voulu frapper "le haut du corps" et non la tête. "Je tiens vraiment à présenter mes excuses". "C'est pas l'image que je me fais de la police, je me sens vraiment honteux", a-t-il ajouté plus tard.

Au sujet du coup de matraque, il a assuré avoir été "menacé" d'un "coup de boule", des propos réfutés par le deuxième frère: il n'a eu "aucun geste de menace ni d'intimidation", a-t-il assuré, dénonçant des "violences gratuites". "On n'avait aucune résistance, on s'est laissé arrêter", a aussi assuré son frère. Les deux hommes s'étaient vu prescrire 5 et 7 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Ces violences sont "manifestement disproportionnées" et "illégitimes", a tranché la procureure dans son réquisitoire, soulignant qu'elles "érodent la confiance du public dans l'institution". La magistrate a cependant demandé de "prendre en compte le contexte général, particulièrement dégradé" de la manifestation.  Elle a requis huit mois de prison avec sursis, sans interdiction d'exercice, et a été entièrement suivie par le tribunal.

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