"Gilets jaunes" : un avocat en garde à vue pour "incitation à la rébellion"

"Gilets jaunes" : un avocat en garde à vue pour "incitation à la rébellion"
Un avocat de dos (illustration).

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 13 janvier 2019 à 16h55

Il aurait incité verbalement des gilets jaunes à passer outre le cordon de sécurité mis en place par les policiers.

Un avocat a été interpellé et placé en garde à vue samedi 12 janvier pour "incitation à la rébellion" lors d'un rassemblement dans le calme de près d'une centaine de "gilets jaunes" à Nancy.

La garde à vue de l'avocat, inscrit au barreau d'Epinal, a été levée à 19h00 "sur instruction du parquet de Nancy", a indiqué François Pérain, procureur à Nancy. La procédure a été transmise au parquet, qui prendra une décision sur les suites à donner aux faits après en avoir pris connaissance dans son intégralité, a-t-il précisé.  



Alors que des "gilets jaunes", dont le nombre a varié de 40 à 100, étaient rassemblés dans le calme sur la place de République, "un individu extérieur au rassemblement criait aux manifestants qu'il était avocat et (les) incitait à rompre le cordon de sécurité" mis en place par les forces de l'ordre, a relaté le procureur.

Une "arrestation scandaleuse"

Il les appelait aussi "à quitter les lieux en prétendant que la manoeuvre effectuée par la police, visant finalement à intimer aux manifestants de ne pas circuler sur la voie publique, était illégale", a-t-il ajouté.

Il s'en est suivi "un mouvement de  foule, certaines personnes entreprenant notamment d'enjamber les barrières mises en place et allant au contact des policiers qui les repoussaient sans difficulté", a décrit le procureur de Nancy. Le rassemblement des "gilets jaunes" était non-déclaré en préfecture donc "illicite", a-t-il rappelé. 

Une "arrestation scandaleuse" pour Nicolas Dupont-Aignan qui estime que l'avocat ne faisait que "rappeler pacifiquement aux "gilets jaunes" leurs droits".


Placé en garde à vue pour "incitation à la rébellion", l'avocat a contesté "avoir exhorté les manifestants à rompre le dispositif de sécurité". Il a reconnu "s'être entretenu avec quelques manifestants et avec quelques membres des forces de l'ordre" et "avoir distribué des cartes (de visite) professionnelles à cette occasion", a-t-il ajouté.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.