"Gilets jaunes" : un an après, que deviennent les figures emblématiques du mouvement ?

"Gilets jaunes" : un an après, que deviennent les figures emblématiques du mouvement ?
Priscillia Ludosky et Éric Drouet au ministère de la Transition écologique à Paris le 27 novembre 2018.

, publié le dimanche 17 novembre 2019 à 07h00

Éric Drouet, Priscillia Ludosky, Jacline Mouraud, Maxime Nicolle... Ils ont incarné la révolte sociale des "gilets jaunes"? Aucun n'a jeté l'éponge, mais un an après, ces anciens anonymes poursuivent la contestation de manières différentes. 

• Priscillia Ludosky lance son mouvement 


Avec sa pétition contre la hausse des prix des carburants, lancée plusieurs mois avant les manifestations, elle reste l'inspiratrice des "gilets jaunes" et s'est imposée comme la force tranquille du mouvement. 




Militante multi-cartes, cette auto-entrepreneuse a notamment rejoint la plateforme "gilets citoyens", pour veiller sur la mise en place de la convention citoyenne sur le climat, qu'elle considère comme "la seule idée des gilets jaunes directement appliquée par le gouvernement".

La Seine-et-Marnaise s'investit en parallèle dans la dénonciation des violences policières, la promotion des propositions du "vrai débat", lancé par les "gilets jaunes" pour concurrencer le débat national d'Emmanuel Macron, la publication d'un livre auto-édité... Dernier cheval de bataille : la création d'un "lobby citoyen".

"On ne pourra pas manifester éternellement, c'est pour ça qu'on crée ce lobby", explique-t-elle. Elle espère, avec cette organisation "apartisane et asyndicale", peser sur des sujets locaux comme nationaux.

Éric Drouet, toujours dans la rue

Le chauffeur routier avait annoncé se mettre "en retrait" fin avril. Mais il reste actif sur les réseaux sociaux et n'a jamais vraiment quitté la rue, privilégiant les manifestations non déclarées. Ce qui lui a valu une nouvelle amende le 21 septembre.   

L'initiateur de la première mobilisation du 17 novembre prône toujours le rapport de force. Il a appelé à une "convergence" dans une vidéo mi-octobre, en invitant "pompiers, urgentistes, ouvriers, agriculteurs, chômeurs" à manifester à Paris, sans gilet. "Mettez les gilets jaunes de côté, c'est les citoyens qui seront dans la rue", exhorte-t-il.




Figure la plus controversée du mouvement, il a été relaxé début septembre des poursuites pour "participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations", lors de l'acte 6 du mouvement social le 22 décembre, et condamné à 500 euros d'amende avec sursis pour le port d'une sorte de "matraque" dans son sac, un simple "bout de bois" selon lui.

• Maxime Nicolle se reconvertit à la télé 

"Fly Rider", comme il se surnomme sur Facebook, continue ses "lives" sur les réseaux sociaux. Le Breton manifeste encore très régulièrement et s'est notamment rendu à Toulouse récemment. Depuis septembre, il travaille pour la web-télé "QG", lancée par la journaliste Aude Lancelin. L'ancien chauffeur y tient un rôle de chroniqueur mais aussi de reporter - en filmant par exemple la manifestation des pompiers du 15 octobre.

• Jérôme Rodrigues de retour

Devenu le symbole des violences policières, après avoir perdu un œil lors d'une manifestation le 26 janvier à Paris, le plombier a souffert de "cyberharcèlement" et fait une pause pendant l'été. Il prépare une plainte contre deux "gilets jaunes" qui l'attaquent régulièrement.

Fin août, il a participé au contre-sommet du G7 au Pays Basque, avant de revenir dans les manifestations parisiennes en septembre et de soutenir une action parisienne d'Extinction Rébellion. "J'attends avec impatience le week-end de mobilisation du 16-17 novembre, et aussi la grève du 5 décembre", confie-t-il, prônant une "convergence des luttes".

Fin septembre, il a été entendu par le juge d'instruction qui enquête sur la perte de son œil. "Le travail qui a été fait est très positif", assure-t-il. Il n'a en revanche "aucune nouvelle" de la procédure ouverte en juillet pour des soupçons de violences conjugales après une altercation avec sa femme, qui avait nié publiquement toute violence physique.

• Ingrid Levavasseur candidate aux municipales

Son éphémère candidature aux européennes avait provoqué la rupture. Agressée par des "gilets jaunes", l'aide-soignante de 32 ans ne manifeste plus, mais continue de s'engager. 

Dans sa ville de Louviers (Eure), elle est candidate comme co-listière aux municipales de 2020. Cette mère célibataire a aussi fondé deux associations : l'une pour aider les familles monoparentales, l'autre pour défendre des propositions sociales et écologiques.

Début septembre, elle a publié une autobiographie qui détaille son engagement. "C'était essentiel pour moi que les gens comprennent que je ne suis pas rentrée dans ce mouvement parce que j'ai vu de la lumière", explique-t-elle. 

• Jacline Mouraud, égérie des "gilets jaunes" tombée de son piédestal

Sa vidéo contre la "traque aux conducteurs", visionnée six millions de fois sur Youtube, l'avait catapultée au rang d'égérie des "gilets jaunes", avant que ses ambitions politiques ne passent pour une trahison.

L'aventure de son micro-parti, "Les émergents", a été mise "entre parenthèses", après le départ de plusieurs membres du bureau qui ont dénoncé son "culte de la personnalité". Ce qui n'empêche pas l'hypnothérapeuthe, "gaulliste" autoproclamée, de rêver de la présidentielle de 2022 et de s'imaginer en "candidate des territoires et du terroir".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.