"Gilets jaunes" sur les Champs-Élysées : qui sont les casseurs ?

"Gilets jaunes" sur les Champs-Élysées : qui sont les casseurs ?
Un camion en flammes sur les Champs-Élysées à Paris, samedi 24 novembre.

Orange avec AFP, publié le lundi 26 novembre 2018 à 07h50

La plupart de la centaine de personnes placées en garde à vue après les violences à Paris samedi seraient des "suiveurs", sans antécédents judiciaires, selon RTL et Le Parisien.

Deux jours après le saccage de la "plus belle avenue du monde", on en sait plus sur le profil des casseurs. Un total de 101 personnes ont été placées en garde à vue après les violences qui ont émaillé le rassemblement parisien du mouvement des "gilets jaunes".

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a pointé du doigt samedi les "séditieux" de "l'ultra-droite". Selon lui, les casseurs "ont répondu à l'appel notamment de Marine Le Pen (à défiler sur les Champs-Élysées, NDLR) et veulent s'en prendre aux institutions comme ils veulent s'en prendre aux parlementaires de la majorité". Une version confirmée par le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui juge que ""c'est la peste brune qui a manifesté". Selon lui, des "casseurs professionnels de la République" ont infiltré le mouvement, a-t-il estimé dans "Le grand jury" RTL, Le Figaro, LCI dimanche.

Pas d'antécédents judiciaires

Mais, selon RTL, la majorité des personnes interpellées seraient plutôt des "suiveurs" issus de l'ultra-gauche. "Entendez par là des hommes et des femmes venus de régions et sans antécédent judiciaire, qui se sont laissés griser par des leaders plus radicaux", explique la radio.



Les personnes placées en garde à vue sont "majoritairement des hommes, plutôt jeunes, installés en province et sans antécédent judiciaire", confirme une source officielle au Parisien. "Il y a eu un effet d'entraînement très fort", analyse une autre source pour le quotidien. "Selon une source judiciaire, si le début de journée a été marqué par la présence de militants de l'ultra-droite, des militants de l'ultra-gauche ont été repérés ensuite. Plusieurs symboles et slogans anarchistes ont été tagués sur des vitrines", précise le journal francilien.

Un policier grièvement blessé à un œil

"L'acte 2" du mouvement des "gilets jaunes", qui protestent contre la hausse des prix du carburant, et plus largement contre les taxes et la baisse du pouvoir d'achat, a réuni samedi plus de 100.000 personnes à travers la France, dont 8.000 à Paris. Comparant ce chiffre de 106.301 personnes exactement, à celui des 282.710 manifestants recensés lors de la première journée le 17 novembre, le ministre de l'Intérieur a évoqué un "fort affaiblissement de la mobilisation". Dans la capitale, le rassemblement sur les Champs-Élysées a donné lieu à une journée de violences et dégradations.



Jets de projectiles, feux de barricades de barrières de chantiers : des manifestants se sont opposés aux forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et des lances à eau. Les heurts ont fait 24 blessés, dont cinq côté forces de l'ordre, 103 personnes ont été interpellées, dont 101 ont été placées en garde à vue, selon la préfecture de police. Un homme de 27 ans est notamment soupçonné d'avoir "gravement blessé à l'œil" un policier "par un jet d'écrous" près de la place de l'Étoile, lors de la dispersion des manifestants dans la soirée.

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