"Gilets jaunes": Macron veut répondre aux "classes laborieuses"

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Emmanuel Macron dimanche 25 novembre 2018 à Bruxelles
Emmanuel Macron dimanche 25 novembre 2018 à Bruxelles
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© AFP, Philippe LOPEZ
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AFP, publié le dimanche 25 novembre 2018 à 23h49

L'exécutif a dit maintenir le cap, au lendemain de la deuxième journée émaillée de violence des "gilets jaunes" dont certains prévoient déjà un acte III, Emmanuel Macron assurant vouloir apporter des réponses à "nos classes moyennes et laborieuses".

Pas question donc de revenir sur les hausses des taxes sur les carburants décriées par le mouvement des "gilets jaunes".  

"Il y a un cap qui a été fixé par le président de la République, c'est celui de la transition énergétique (...) Ce cap doit être tenu", a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Le but est que "nos enfants vivent dans un environnement meilleur", avec "moins de CO2, moins de particules fines", a-t-il argué.

Même fermeté du ministre de l'Action et des Comptes public Gérald Darmanin qui a souligné la "contradiction" entre les demandes des "gilets jaunes" qui veulent moins d'impôts et plus de services publics. 

A Bruxelles pour le Conseil européen extraordinaire qui entérinait le Brexit, Emmanuel Macron n'a pas directement répondu aux "gilets jaunes" et n'a rien dévoilé des annonces qu'il doit faire mardi à l'occasion de la présentation de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Mais il a souligné sa volonté de dialogue, estimant qu'il "n'y a pas de projet de société et il n'y a pas de projet politique - au niveau national et européen - si nous n'apportons pas une réponse claire à nos classes moyennes et à nos classes laborieuses".

La veille, le chef de l'Etat avait dénoncé, dans un tweet, ceux qui ont "agressé" les forces de l'ordre et "violenté d'autres citoyens", en écho à l'accent mis par le ministre de l'Intérieur sur les dérapages violents et la "mobilisation de l'ultradroite". Ce qui a valu à Christophe Castaner une passe d'armes avec Marine Le Pen qu'il avait pointée du doigt.

Au total, 103 interpellations ont eu lieu, plus de 100.000 "gilets jaunes" ont manifesté en France samedi, dont 8.000 à Paris, soit près de trois fois moins que lors de la première journée des "gilets jaunes" dont certains se sont déjà donné rendez-vous le 1er décembre. 

Peu de choses ont filtré sur la réponse d'Emmanuel Macron. Il va "donner le cap sur la transition écologique", devant les membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE), composé d'élus, de syndicats, d'ONG et d'associations, dans l'objectif de la rendre "acceptable", a expliqué l'Élysée à l'AFP.

Selon le JDD, Emmanuel Macron annoncera la création d'un "Haut conseil pour le climat" composé d'experts. 

- "Boucler les fins de mois" -

Réponse cinglante immédiate de l'opposition : "Les Français disent +Monsieur le Président, nous n'arrivons pas à boucler les fins de mois+, et le président leur répond +nous allons mettre en place un Haut conseil+. Vous imaginez la déconnexion", s'est alarmée Laurence Saillet, porte-parole des Républicains.

"Je vais regarder ce que va nous proposer le président de la République (mardi), s'il y a des formes de rétablissement d'une justice fiscale, on va voir. Si c'est des usines à gaz qui en vérité ne règlent rien, je pense que ça passera mal", a averti le député LFI Alexis Corbière.

"Il existe déjà un conseil national pour la transition écologique, un conseil environnemental, un ministère de l'Ecologie... Le climat n'a pas besoin d'un énième comité mais de mesures fortes pour mettre en place les solutions déjà connues", a dénoncé sur Twitter le directeur général Greenpeace France, Jean-François Julliard.

Ce Haut conseil "est évidemment nécessaire et c'est évidemment pas suffisant. Le président le sait lui-même", a admis le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin sur LCI.

La voie est étroite pour le président de la République. La majorité attend avant tout une réponse de "méthode", selon le député LREM de la Vienne Sacha Houlié.

Ségolène Royal a demandé au président de faire preuve "d'humilité" de retirer les taxes sur le carburant. Certains comme Alexis Corbière, en appellent à un "référendum" sur la politique d'Emmanuel Macron.

Et outre-atlantique, le président américain a remué le couteau dans la plaie en tweetant sur les "vastes et violentes manifestations en France", en profitant au passage pour remettre la pression sur l'Union européenne au sujet du commerce et des dépenses militaires.

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