"Gilets jaunes" : "Macron démission", le nouveau refrain à la mode dans les cours d'écoles

"Gilets jaunes" : "Macron démission", le nouveau refrain à la mode dans les cours d'écoles©Panoramic

, publié le lundi 21 janvier 2019 à 19h15

Depuis le début de la contestation sociale, la mobilisation des "gilets jaunes" semble inspirer les jeunes pousses, explique le Huffington Post. Jusqu'à cristalliser les tensions.
 

C'est le nouveau jeu à la mode dans les cours de récréation.

Enfin, si l'on peut parler de jeu. Depuis quelques semaines, les "gilets jaunes" se sont invités parmi les élèves, reflet des revendications sociétales, explique Le Huffington Post. Dans les écoles, ce sont désormais les "pro gilets jaunes" et les "pro CRS" qui s'affrontent à l'occasion d'une partie de football ou de balle aux prisonniers. A tel point que les institutrices doivent sévir.



"On entend des 'Macron démission' à longueur de journée dans la cour, et même en classe", confie une professeure de CE1 à Dreux (Eure-et-Loir). Un slogan qui n'est autre qu'une reprise de la chanson "Gilet jaune" de Kopp Johnson, visionné presque 17 millions de fois sur YouTube, et qui fait fureur chez les jeunes. Dans ces conditions, le personnel encadrant a été obligé d'interdire ces chants en expliquant aux élèves "qu'ils n'avaient pas à dire cela, qu'ils n'étaient pas encore électeurs", précise l'institutrice dans le Huffington Post.
 
Cet engouement dans ce quartier sensible a pris des proportions énormes. "Beaucoup d'enfants me disent : 'Si je sors vite, Maman m'a promis qu'on irait voir les gilets jaunes'. Ils veulent faire des selfies avec eux, voir les camions qui klaxonnent. C'est l'attraction du quartier", continue la jeune femme.
 
Les enfants perdus ?
 
Sauf que tous les enfants ne sont pas "pro gilets jaunes". Dans certains établissements, cela débouche sur des affrontements plutôt inattendus. "Les 'gilets jaunes', c'est les méchants. Ils cassent les vitrines. Alors on fait la bagarre entre les méchants et les policiers", peut-on entendre. "Moi je préfère être 'gilet jaune' que policier, j'aime pas courir", raconte un autre écolier du 8e arrondissement de Paris. Il ajoute : "Aujourd'hui mes copains criaient 'Macron démission'. Mais pas moi, j'étais pas d'accord donc j'ai pas crié".
 
Pour faire face à la situation, dans certaines écoles, on a décidé de jouer des pièces de théâtre sur le thème des "gilets jaunes" afin, dit-on, de comprendre les "bonnes raisons" pour lesquelles ils manifestent et "les mauvaises raisons".
 
Dans la plupart des cas, les enfants ne comprennent pas bien la situation, entre question sur les responsabilités des uns ou des autres ou la peur que leurs parents rentrent blessés de manifestations. Si certains professeurs avouent tenter d'expliquer les différences "entre 'gilets jaunes' et casseurs", d'autres ont pris le parti de ne rien dire, afin "d'éviter un débat qui devient trop vite politique".

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