"Gilets jaunes" : les extrêmes progressent, mais n'ont pas mis la main sur le mouvement, selon la DGSI

"Gilets jaunes" : les extrêmes progressent, mais n'ont pas mis la main sur le mouvement, selon la DGSI
Le patron de la DGSI, Nicolas Lerner, à Levallois-Perret, le 5 novembre 2018.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 19 février 2019 à 08h47

Les radicaux voient dans les "gilets jaunes" une "opportunité de s'en prendre aux symboles de la République", mais ils n'ont pas réussi à mettre la main sur le mouvement.

Les manifestants radicaux issus des extrêmes sont "plus nombreux" en proportion aujourd'hui parmi les gilets jaunes, a affirmé mardi 19 février le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Nicolas Lerner, dans une interview au Parisien. Cependant, ils n'ont pas réussi à prendre la direction du mouvement

Alors qu'on lui demandait si les manifestants radicaux étaient plus nombreux aujourd'hui, il a répondu : "En proportion oui, car le nombre de manifestants diminue".

"Outre leurs propres agissements, ces individus, que je ne confonds pas avec les personnes qui prennent part aux manifestations de manière pacifique, ont par ailleurs contribué à la radicalisation de certains profils qui ne sont pas connus pour leur appartenance à une mouvance ultra", a observé M. Lerner, dans sa première interview depuis sa nomination en octobre. "A Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen par exemple, ils ont généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n'étaient connus ni pour leur appartenance à l'ultragauche, ni à l'ultradroite", selon lui.



Mais "à aucun moment les groupes ultras n'ont réussi à prendre le leadership sur ce mouvement même s'ils voient en lui une opportunité de s'en prendre aux symboles de la République, qui sont leurs cibles habituelles", a-t-il souligné.

Analysant la composante de l'ultradroite, M. Lerner a remarqué qu'elle était formé de quatre tendances principales. Il a énuméré une "obédience néo-nazie, antisémite et identitaire", des "groupes néo-populaires ou survivalistes, apparus après la vague d'attentats en France, nourris par le discours complotiste", des "groupes identitaires qui cherchent à se parer d'une apparence de légalité pour investir les champs politiques ou sociétaux - immigration, politique de l'emploi, préférence nationale - comme le Bastion social ou Génération identitaire", et enfin de "petits groupes de type brigadiste et violent qui peuvent se constituer autour d'une personnalité charismatique", a-t-il détaillé.

S'agissant de l'ultragauche, le patron du renseignement intérieur a affirmé que "sa capacité à faire dégénérer des manifestations, mais aussi à conduire des actions de nature plus clandestines n'est plus à démontrer". "Nous suivons près de 2.000 profils de ce type", a-t-il révélé.

Interrogé, par ailleurs, sur le rapatriement de quelque 150 Français détenus en Syrie, M. Lerner a répondu que le scénario du retour "n'est qu'une hypothèse de travail". "Les récentes annonces américaines et les conséquences stratégiques qui en découlent ont conduit à souhaiter que toutes les options soient étudiées. C'est une posture de responsabilité: il s'agit d'anticiper une éventuelle situation où ces combattants et leurs épouses seraient remis en liberté", a expliqué le haut fonctionnaire. Si ce rapatriement avait lieu, "100% des hommes et des femmes feraient l'objet de poursuites pénales, la quasi-totalité pour des faits criminels", a-t-il ajouté.

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