"Gilets jaunes" : le syndicat de police Alliance veut ficher les manifestants violents

"Gilets jaunes" : le syndicat de police Alliance veut ficher les manifestants violents
Des CRS lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Paris, le 1er décembre 2018.

, publié le dimanche 06 janvier 2019 à 17h16

"Cela fait deux ans que nous demandons plus de fermeté contre ceux qui agressent les forces de l'ordre", dénonce le secrétaire général du syndicat Alliance.

Un fichier des manifestants violents. C'est ce que réclame le syndicat de police Alliance au lendemain de "l'acte 8" de la mobilisation des "gilets jaunes" marqué par de nouvelles violences envers les forces de l'ordre, un gendarme frappé par un boxeur.



"On entend des déclarations disant qu'il faut plus de fermeté.

Cela fait deux ans que nous demandons plus de fermeté contre ceux qui agressent les forces de l'ordre", a déclaré Frédéric Lagache, secrétaire général du syndicat Alliance.

Le syndicat propose notamment la création "d'un fichier des individus violents lors des manifestations". Ceux-ci seraient ensuite interdits dans les cortèges, "sur le modèle des interdits de stade".

Le port de cagoule bientôt transformé en délit ?

En outre, "dès lors que les faits sont établis, il faut un mandat de dépôt, que l'individu aille directement en prison à la sortie du jugement avec des peines non aménageables", a ajouté Frédéric Lagache.

"Depuis le début du mouvement des 'gilets jaunes', combien d'interpellés dont les faits d'agressions envers les forces de l'ordre ont été avérés sont allés en prison ?", interroge le syndicaliste qui demande "des peines plus sévères".

Enfin, le syndicat réclame que la "contravention pour port de cagoule lors d'une manifestation soit transformée en délit". "Lorsqu'on dit qu'il faut faire preuve de fermeté il faut que les intentions soient suivies de faits", selon Frédéric Lagache.

"Une réflexion est en cours pour réfléchir aux mesures qui permettraient de mieux encadrer les manifestations", a déclaré sur BFMTV le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez.

Les syndicats divisés

"Un certain nombre de réflexions sont en cours pour savoir s'il faut durcir les textes pour éviter ce genre de débordements et surtout qu'ils soient punis", a-t-il dit, évoquant "la mesure éventuellement d'avoir un fichier, d'avoir un durcissement de la législation pénale dans un certain nombre de circonstances".

Le syndicat Alternative Police CFDT a pour sa part indiqué dans un communiqué que "la création d'un nouveau fichier administratif des manifestants violents est inutile et contreproductive".

"Un fichier administratif seul ne servira à rien en dehors d'identifier des individus susceptibles d'être dangereux lors de manifestations mais sans aucune action coercitive possible avant un passage à l'acte", estime le syndicat.

Alternative propose une disposition "plus ferme" et "prise par la justice". "Seule une condamnation d'interdiction de participer à une manifestation, ou de pointer dans un commissariat préalablement à toute participation à un événement 'sensible', apparaît comme la seule solution efficace", selon le communiqué.

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