"Gilets jaunes": la mobilisation se poursuit avec moins d'ampleur, certains veulent continuer

"Gilets jaunes": la mobilisation se poursuit avec moins d'ampleur, certains veulent continuer
Des "gilets jaunes" bloquent l'autoroute A63 à Canejean près de Bordeaux le 18 novembre 2018

AFP, publié le dimanche 18 novembre 2018 à 19h04

Des "gilets jaunes" se sont à nouveau rassemblés dimanche en France pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant et même s'ils sont bien moins nombreux que la veille, ils ralentissent la circulation sur de nombreux axes routiers, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le Premier ministre Édouard Philippe s'exprimera sur le mouvement de grogne dimanche à 20H00 sur France 2.

Dans plusieurs endroits, les "gilets jaunes" ont indiqué qu'ils poursuivraient le mouvement lundi, comme par exemple à Brioude (Haute-Loire). Dans le Morbihan, "les routiers nous rejoignent demain", a assuré un porte-parole des manifestants.

Au Mans, les "gilets jaunes" assurent là aussi qu'ils s'uniront lundi aux routiers et aux agriculteurs pour empêcher l'accès à l'autoroute A28.  

"On est beaucoup de jeunes parce qu'on ne s'en sort plus. On travaille comme des forcenés et à un moment donné c'est stop. On ne vit plus, on fait de la survie", dénonce Emilie, une commerciale en agence d'interim âgée de 27 ans, une des "gilets jaunes" qui filtraient la circulation à l'entrée de Cavaillon (Vaucluse). 

Au lendemain de la journée de mobilisation du 17 novembre, des blocages mais surtout des barrages filtrants et des opérations escargot ont été observés dans plusieurs régions de France. Samedi, près de 290.000 personnes avaient manifesté sur 2.034 sites à travers le pays.

Comme la veille, la situation était tendue sur certains barrages: un manifestant a été grièvement blessé dimanche près de Saint-Quentin (Aisne), lorsqu'un automobiliste a forcé un barrage, a-t-on appris de sources concordantes. 

Samedi, une personne était morte sur un barrage, percutée par une automobiliste prise de panique, et plus de 400 personnes ont été blessées, dont 14 grièvement.

L'A16 était fortement perturbée dimanche en fin d'après-midi à Calais, avec plusieurs kilomètres de bouchon dans les deux sens, en raison de la présence de 150 à 200 "gilets jaunes" sur l'autoroute. Ces perturbations se situent près du tunnel sous la Manche mais n'avaient pas d'incidence sur le trafic du port ou du tunnel, selon la préfecture du Pas-de-Calais.

En Nouvelle-Aquitaine, des barrages filtrants avaient été également été installés. Jouant au chat à la souris avec les forces de l'ordre, les "gilets jaunes" ont plusieurs fois changé d'emplacements, selon des correspondants de l'AFP. 

Les forces de l'ordre sont intervenues au niveau de l'échangeur d'Ifs, au sud de Caen, pour disperser un millier de gilets jaunes, notamment au moyen de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l'AFP. Elles avaient déjà agi en matinée, pour lever "dans le calme" deux points de blocage installés par des manifestants sur le périphérique sud de la ville, selon la préfecture.

Outre les axes autoroutiers, plusieurs abords de zones commerciales ont été bloqués. Le groupe Auchan évoque ainsi une vingtaine de sites touchés.

"Nous constatons un essouflement du mouvement (...) Ce sont cependant les éléments les plus motivés, parfois les plus durs qui sont restés mobilisés", a expliqué un porte-parole du groupe qui évoque des "rixes violentes" aux abords de centres commerciaux.

"Macron desserre l'étau, on étouffe", affirme une banderole dans la banlieue de Nantes, à proximité de la principale zone commerciale de la ville. Environ 150 "gilets jaunes" occupent un rond-point, arrêtent les voitures et demandent aux conducteurs de mettre un gilet jaune pour les laisser passer.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.