"Gilets jaunes": hommage en Savoie à Chantal Mazet, décédée il y a un an

"Gilets jaunes": hommage en Savoie à Chantal Mazet, décédée il y a un an
Hommage à Chantal Mazet à Le Pont-de-Beauvoisin Savoie), le 17 novembre 2019 un an après sa mort au premier jour de la mobilisation des gilets jaunes

, publié le dimanche 17 novembre 2019 à 14h32

Une soixantaine de personnes ont rendu hommage, dimanche matin à Le Pont-de-Beauvoisin (Savoie), à Chantal Mazet, "gilet jaune" décédée il y a un an au premier jour des mobilisations après avoir été renversée par une voiture sur un rond-point de cette petite ville proche de Chambéry. 

Vers 10 heures, dans un froid piquant et revêtus en majorité de l'emblématique gilet fluo, les participants de la cérémonie ont déposé tour à tour de nombreuses bougies et de fleurs, à l'endroit même du drame, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une fille de la disparue, Anne-Lise, venue avec son bébé, figurait parmi les personnes présentes. 

"En mémoire à Chantal, citoyenne française tombée le 17 novembre, premier jour du mouvement des Gilets Jaunes", pouvait-on lire sur une plaque commémorative, vissée depuis l'accident à une grille bordant le rond-point.

"Nous sommes en ce jour tous tristes que tu ne sois plus parmi nous, c'est pour cela que nous n'abandonnerons pas, que la colère, si elle est contenue, est intacte, qu'il reste des gens debout. Chantal, tu seras à jamais dans nos coeurs", a notamment lu, Pierre Billon, un "gilet jaune" de Pont-de-Beauvoisin. Une minute de silence a été observée par l'assistance, invitée ensuite à une marche aux alentours du rond-point.  

Le matin du 17 novembre 2018, Chantal Mazet, une retraitée de 63 ans, participait à une manifestation d'une quarantaine de "gilets jaunes" au rond-point de la zone commerciale de Le Pont-de-Beauvoisin. 

Arrêtée par le barrage, la conductrice d'un 4X4, qui dit avoir été prise de panique alors qu'elle devait emmener sa fille chez le médecin, avait accéléré et écrasé la victime en forçant le passage.

La mère de famille avait été mise en examen le lendemain du drame, à l'issue de sa garde à vue, pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et placée sous contrôle judiciaire.

Une autre fille de Chantal Mazet, Alexandrine, avait pour sa part aussitôt accusé le gouvernement de porter une responsabilité "indirecte" dans ce décès. 

Si la situation du pays était différente, "il n'y aurait pas les +gilets jaunes+ dehors et ma mère ne serait pas morte", déclarait-elle le jour du drame au Dauphiné Libéré.  

Mme Mazet a été la première victime décédée en marge de mobilisations des "gilets jaunes". Dix autres personnes ont trouvé la mort, principalement dans des accidents de la route à proximité de barrages ou de ronds-point tenus par les manifestants. 

Samedi, le premier anniversaire du mouvement a rassemblé 28.000 personnes dans toute la France, dont 4.700 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur.

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