"Gilets jaunes" : Jérôme Rodrigues lance un appel au calme

"Gilets jaunes" : Jérôme Rodrigues lance un appel au calme©Capture d'écran BFMTV

, publié le dimanche 27 janvier 2019 à 13h55

Blessé à l'œil lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Paris samedi, Jérôme Rodrigues assure sur BFMTV avoir été "visé délibérément" par la police.

Les images ont provoqué la colère des "gilets jaunes". Et notamment d'Éric Drouet, dont il est proche.

Présent dans le cortège parisien des "gilets jaunes" samedi 26 janvier, Jérôme Rodrigues, l'une des figures du mouvement, s'est effondré alors qu'il était en train de filmer et de diffuser la vidéo en direct sur les réseaux sociaux. Touché par un projectile, il est grièvement blessé à l'œil et rapidement évacué.

Depuis l'hôpital, Jérôme Rodrigues a donné une interview à BFM ce dimanche pour livrer sa version des faits. Il affirme avoir été "visé délibérément" par les forces de l'ordre. "J'ai été attaqué deux fois : par une grenade (...) et je me prends l'impact du LBD (lanceur de balle de défense, ndlr) après", assure-t-il. "Je pense qu'ils savaient très bien sur qui ils tiraient", selon le "gilet jaune", qui lance "un appel au calme". "Je ne veux pas que les gens s'énervent. Revendiquons plus fort, crions notre colère plus fort, tout en restant pacifistes", demande-t-il.



Interrogé par LCI un peu plus tôt dans la journée, il racontait être resté "sept ou huit heures au bloc", et être "dans l'attente des médecins" pour connaître leur diagnostic sur la gravité de sa blessure. Dénonçant un "abattage en règle" de la part de la police, il est revenu sur les évènements. "A l'origine, je suis arrivé sur la place de la Bastille pour essayer de faire en sorte que les Gilets jaunes s'en aillent, qu'ils puissent quitter la Bastille à la suite des attaques des Black Blocs envers la police et des charges des policiers. Moi, je suis un hyper pacifiste, je veux que personne ne se fasse mal, je suis allé chercher les 'petits Jaunes' pour qu'ils puissent sortir de cet enfer", assure cet homme origine de Seine-Saint-Denis.

Pas de sommation des forces de l'ordre ?

Jérôme Rodrigues a déposé plainte et la police des polices a été saisie dans ce dossier. Interrogé sur BFMTV ce dimanche matin, son avocat, maître Philippe De Veuille, assure également avoir des preuves que son client a été blessé par un tir de balle de défense.


"J'ai des éléments matériels. Le flash-ball va être remis entre les mains de la commissaire de divisionnaire de l'IGPN. Ce sont des témoins qui nous l'ont donné. Une jeune femme a vu les évènements, elle a vu les forces de l'ordre avancer et tirer au flash-ball sur Jérôme", a expliqué maître Philippe De Veuille. "Nous faisons une totale confiance à l'IGPN qui s'est saisie tout de suite du dossier avant même que nous déposions une plainte au commissariat du XVIe arrondissement."

L'avocat dénonce au passage le fait que les forces de l'ordre ne portaient pas de caméra, comme annoncé pourtant par le ministre de l'Intérieur, et n'aient pas fait de sommations avant de tirer. "C'est un irrespect de la déontologie et des règles en vigueur", accuse-t-il.

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