"Gilets jaunes" : Emmanuel Macron prône "le dialogue" et "l'explication"

"Gilets jaunes" : Emmanuel Macron prône "le dialogue" et "l'explication"
Emmanuel Macron donnant une conférence de presse à Bruxelles, mardi 19 novembre

Orange avec AFP, publié le mardi 20 novembre 2018 à 15h35

Au quatrième jour de mobilisation des "gilets jaunes", le président de la République s'est exprimé sur la grogne qui secoue le pays. En visite en Belgique mardi 20 novembre, le chef de l'État a estimé qu'il état "normal" que l'Hexagone connaisse un mouvement de protestation. "C'est dans le dialogue qu'on peut en sortir, dans l'explication", a-t-il assuré.

Alors qu'il était resté silencieux jusqu'à présent face à la vague de colère des "gilets jaunes", Emmanuel Macron est sorti de sa réserve, mardi midi. Depuis l'université de Louvain, en Belgique, le président de la République a prôné le "dialogue" avec les manifestants. "Le gouvernement est actuellement confronté à des protestations. C'est dans le dialogue qu'on peut en sortir, dans l'explication, dans la capacité à trouver à la fois le bon rythme et les solutions de terrain", a déclaré le chef de l'État à l'occasion d'un débat avec des étudiants belges. 

La veille, interrogé par des journalistes, le président avait refusé de s'exprimer sur la grogne des "gilets jaunes", qui ont paralysé une partie du pays le week-end dernier. "J'y répondrai en temps voulu mais ça n'est pas le lieu aujourd'hui", avait tranché le locataire de l'Élysée au cours d'une conférence de presse cojointe avec le Premier ministre belge Charles Michel.

"Accompagner les plus modestes"

Sans citer nommément les "gilets jaunes", Emmanuel Macron a déclaré qu'il était "normal" que la France connaisse desprotestations car "les choses ne se font pas spontanément". La transition écologique "suppose de changer les habitudes, ce n'est jamais aisé", a insisté le chef de l'État, qui a réexpliqué la stratégie du gouvernement : " d'une part, taxer davantage les énergies fossiles et, d'autre part, avoir un accompagnement des plus modestes". 

En milieu de semaine dernière, le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé une série de mesures en faveur des automobilistes et des ménages les plus pauvres, dont une "super prime" à la casse et un élargissement du chèque énergie.

Cohérence, constance et détermination

S'exprimant face aux députés de La République en marche mardi, le chef du gouvernement a concédé que la période était difficile pour les membres de la majorité. "On vit un moment d'inquiétude parce qu'on se fait engueuler, parce que la situation est tendue. C'est difficile",  a admis Édouard Philippe. "Dans le plus fort de la mobilisation, avons-nous su occuper le terrain ou répondre aux critiques ? Trop peu", a-t-il renchéri, avant de nuancer : "Je pense que nous gagnerons collectivement par la cohérence, la constance et la détermination". "Il ne faut pas avoir peur de dire ce que l'on pense, ce que l'on croit, sans être critique ou arrogant à l'égard de ceux qui manifestent."

Macron et Hulot ont discuté

Depuis la Belgique, Emmanuel Macron a indiqué qu'il s'était entretenu avec l'ex-ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, "il y a quelques jours au téléphone". "C'est un ami, un homme libre", qui "a démissionné pour des raisons personnelles que je respecte", a simplement commenté le président. Nicolas Hulot, qui reste une des personnalités politiques les plus populaires en France, participera jeudi à "L'Émission politique" de France 2. Lundi soir, l'ancien animateur télévisé a été aperçu dînant en compagnie de la maire de Paris Anne Hidalgo dans un restaurant de la capitale

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