"Gilets jaunes" : Emmanuel Macron appelle au "calme", à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation

"Gilets jaunes" : Emmanuel Macron appelle au "calme", à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation
Emmanuel Macron a annoncé se rendre à Strasbourg, ce vendredi 14 décembre.
A lire aussi

, publié le vendredi 14 décembre 2018 à 18h00

Au terme d'un Conseil européen, Emmanuel Macron a plaidé vendredi 14 décembre pour que la France retrouve du "calme", de "l'ordre" et "un fonctionnement normal", à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes".

L'inquiétude gagnerait-elle l'exécutif ? Le chef de l'Etat a déclaré vendredi, à Bruxelles, que la France avait "besoin de calme, d'ordre et de retrouver un fonctionnement normal", à quelques heures de "l'acte V" de la mobilisation des "gilets jaunes".

Et de poursuivre : "j'ai apporté une réponse" aux demandes des "gilets jaunes". "Le dialogue (...) ne se fait pas par l'occupation du domaine public et par des violences", a-t-il enfin souligné.



Une "trêve" réclamée par les "gilets jaunes libres"

Une vision partagée par le collectif des "gilets jaunes libres", vu comme plus modéré que le "canal historique" et qui appelle à une "trêve". Il estime en effet que "le temps du dialogue est venu", après quatre samedis de mobilisation, dont trois émaillés de spectaculaires violences et dégradations, qui ont plongé le pouvoir dans la tourmente.

Les mesures dévoilées lundi par le chef de l'Etat - notamment une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, et une exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois -, tout comme les appels à "suspendre" le mouvement après l'attentat du marché de Noël à Strasbourg, n'ont cependant guère entamé la détermination des "gilets jaunes".



"C'est le moment où, justement, il ne faut pas lâcher"

"C'est le moment où, justement, il ne faut pas lâcher", a exhorté jeudi Eric Drouet, un des initiateurs du mouvement, dans une vidéo sur Facebook : "Ce que Macron a fait lundi, c'est un appel à continuer, parce qu'il commence à lâcher quelque chose et, venant de lui, c'est inhabituel." Sur Facebook, principal canal de mobilisation de ce mouvement, les nombreux appels à un "acte V" réunissent toujours plusieurs milliers de "participants".

Une quinzaine d'organisations de gauche, dont l'Espace des Luttes LFI, le Parti de gauche, le syndicat Solidaires et l'association Attac, ont également appelé à garnir les rangs des manifestants à Paris, où un rassemblement à l'appel du "Mouvement citoyen des gilets jaunes" a été déclaré en préfecture. Les précédents samedis, les gilets jaunes avaient manifesté sur les Champs-Elysées.

Vers un référendum ?

Les initiateurs du mouvement réclament désormais un référendum à Emmanuel Macron, sur quatre propositions, notamment l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne et la baisse des taxes sur les produits de première nécessité. "L'idée n'est pas d'imposer quoi que ce soit à qui que ce soit, mais de faire un référendum pour voir si tout le monde est d'accord sur ces points", a expliqué jeudi Priscillia Ludosky, une autre figure à l'origine du mouvement.

La détermination des "gilets jaunes" inquiète également chez les commerçants et le secteur de la distribution, frappée de plein fouet en pleine période d'achats de Noël. L'activité du secteur privé est tombée en décembre à son plus bas niveau en deux ans et demi, selon le cabinet IHS Markit.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.