"Gilets jaunes", acte VI : une mobilisation en forte baisse

"Gilets jaunes", acte VI : une mobilisation en forte baisse
A Paris, la police a évacué en début de soirée les Champs-Elysées, mais sans les scènes de violences observées il y a encore deux semaines.

publié le samedi 22 décembre 2018 à 21h40

Au total 220 manifestants ont été interpellés dans le pays, et 81 placés en garde à vue, indiquait en début de soirée la police.

Pour son "acte VI" à trois jours de Noël, la mobilisation des "gilets jaunes" a fortement baissé samedi 22 décembre, de près de moitié par rapport à la semaine précédente, avec près de 40.000 participants dans divers défilés, barrages routiers et blocages aux frontières. En ce sixième samedi consécutif de mobilisation, de multiples rassemblements dans un climat plus ou moins tendu ont rassemblé 38.600 personnes en France à 18h, contre 66.000 samedi dernier à la même heure, selon le ministère de l'Intérieur.

S'ils ont parfois donné lieu à des heurts, aucun incident grave n'était recensé en début de soirée.

Au total 220 manifestants ont été interpellés dans le pays, et 81 placés en garde à vue, indiquait en début de soirée la police. Dans la nuit de vendredi à samedi, une dixième personne était décédée en marge du mouvement: un automobiliste qui a percuté un camion bloqué à un barrage filtrant de "gilets jaunes", à l'entrée d'autoroute de Perpignan-sud.

2.000 manifestants à Paris

A Paris, la police a évacué en début de soirée les Champs-Elysées, à nouveau occupés en fin de journée mais sans les scènes de violences observées il y a encore deux semaines. A 18h Selon les autorités, la préfecture de Paris dénombrait 2.000 manifestants, contre près de 4.000 à son maximum samedi dernier. En fin de journée dans la capitale, 179 personnes avaient été interpellées et 36 placées en garde à vue, la plupart pour des "attroupements en vue de commettre des violences", selon la préfecture de police.

Parmi les gardés à vue figure un des porte-voix des "gilets jaunes", Eric Drouet, 33 ans, chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne) qui avait contribué à lancer la mobilisation, initialement contre la hausse des carburants. C'est aussi lui qui avait appelé le matin sur Facebook à se rassembler à Montmartre. Les manifestants ont ensuite circulé dans la capitale en groupes épars de dizaines de personnes, parfois bloqués par les forces de l'ordre ou repoussés à coups de gaz lacrymogènes.



La circulation rétablie en début de soirée

Sur les Champs-Elysées, des motards de la police ont été brièvement pris à partie par des manifestants, qui ont poussé à terre une de leurs motos et ont jeté des pavés et trottinettes sur les policiers. L'un des policiers a brièvement dégainé son pistolet. La circulation a été rétablie en début de soirée sur l'avenue, où cafés, restaurants et magasins sont restés ouverts une bonne partie de la journée, sauf quelques boutiques de luxe.



Plusieurs blocages aux frontières avec l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne ont également été observés. Depuis le pic du 17 novembre avec ses 282.000 manifestants recensés en France, la mobilisation a baissé selon les autorités: 166.000 le 24 novembre, 136.000 les 1er et 8 décembre et 66.000 le 15 décembre.

Des centaines de "gilets jaunes" se sont notamment rassemblés au péage du Boulou près de la frontière espagnole, a constaté l'AFP. "Le roi Macron donne des miettes aux gueux", pouvait-on lire sur leurs banderoles. Le réseau autoroutier a été quelque peu perturbé tout au long de la journée, avec des entrées, sorties et barrières de péage fermées, notamment sur l'A7. A 19h30, des manifestations étaient encore en cours sur une vingtaine de points, selon le groupe Vinci.

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