Gilets jaunes : à quoi faut-il s'attendre samedi ?

Gilets jaunes : à quoi faut-il s'attendre samedi ?
Des gilets jaunes le 2 mars à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 19 avril 2019 à 10h50

Pour l'acte 23 des gilets jaunes, baptisé "ultimatum 2", les manifestations seront interdites aux abords Notre-Dame-de-Paris, après l'incendie la cathédrale. Face au risque important de "casseurs", 60.000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans toute la France.

L'interdiction de manifester durera toute la journée de samedi, dans un périmètre qui comprend essentiellement l'île de la Cité, sur laquelle se trouve la cathédrale, et ses abords immédiats sur la rive gauche de Paris.

C'est ce qu'a annoncé la préfecture jeudi, avant la nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes prévue samedi 20 avril.

Pour cet acte 23, et comme chaque samedi depuis plusieurs semaines, les Champs-Élysées et les abords du palais de l'Élysée seront également interdits à la manifestation.La décision concernant les abords de Notre-Dame a été prise car "aucune manifestation revendicative ne saurait se tenir aux abords" du périmètre d'interdiction mis en place après l'incendie "pour des raisons de sécurité". La préfecture a également justifié sa décision car "certains appels invitent à des rassemblements, rendez-vous ou fins de parcours à proximité de la cathédrale".

Les dons pour Notre-Dame font débat chez les gilets jaunes

La vague de dons pour la reconstruction de Notre-Dame, qui a dépassé le milliard d'euros en une poignée de jours, a suscité des critiques, alors que les "gilets jaunes" réclament depuis des mois dans la rue une hausse de leur pouvoir d'achat et que l'aide aux associations qui s'occupent des plus démunis est en baisse.

Des figures du mouvement, comme Ingrid Levavasseur ou Benjamin Cauchy, ont pris la parole pour dénoncer une générosité sélective. Cette semaine, beaucoup de gilets jaunes ont d'ailleurs rappelé que Victor Hugo "était derrière Notre-Dame, mais aussi derrière Les Misérables".

Interdiction de manifester dans le centre-ville de Bordeaux

Pas de trêve après l'incendie, donc. Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels à manifester ont été partagés pour cette nouvelle journée de mobilisation, baptisée "ultimatum 2", en référence au 16 mars dernier. Cet "ultimatum 1" avait été marqué par d'importantes violences. Et cette semaine encore, malgré les interdictions systématiques prononcées par la préfecture depuis le 16 mars, plusieurs appels ont été lancés pour aller manifester sur les Champs-Élysées, avenue symbolique de la contestation populaire.


Pour cet acte 23, plusieurs autres événements Facebook appellent à manifester à Lille, Lyon ou encore Toulouse, déjà désignée "capitale" du mouvement samedi dernier.

À Bordeaux, la préfecture a d'ores et déjà interdit les manifestations dans le centre-ville. Des mesures ont également été prises "pour réglementer la vente, le transport et l'utilisation d'artifices de divertissement, de carburants, d'acides et produits inflammables ou chimiques du 19 au 21 avril".

Une manifestation "non pacifique et jaune"

Mais le principal point de mobilisation pour ce samedi reste à Paris. Plusieurs appels "à converger" de toute la France vers la capitale ont été lancés sur les réseaux sociaux. La page intitulée "Acte 23 Ultimatum 2 appel National Et International Tous à Paris", compte environ 18.000 personnes "intéressées".  "Nous appelons tous nos citoyens à se rendre à Paris de manière non pacifique et jaune... Quant à "Notre Dame", c'est bon les milliardaires ont su trouver 1 milliards €, mais 140.000 SDF, tout le monde s'en fout!", écrit un des administrateurs de cette page.

 Un autre événement baptisé "ACTE 23: les Gilets Jaunes honorent le patrimoine du peuple" a lancé l'idée d'une marche de la basilique de Saint-Denis pour relier le centre de Paris. "Notre-Dame n'appartient ni à Macron ni aux oligarques qui se rachètent une image charitable en donnant 100 millions pour une restauration", indiquent les organisateurs.

Des "casseurs" attendus

Lors d'une conférence de presse vendredi, Christophe Castaner a affirmé que les "casseurs seront à nouveau au rendez-vous". Le préfet de police, Didier Lallement, a quant à lui indiqué que les projets de rassemblement de "gilets jaunes" aux abords de Notre-Dame relevaient de la "pure provocation". "Plus de 60.000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans toute la France pour accomplir leur mission: assurer la sécurité des Français et garantir la liberté de manifester sans danger", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Selon Christophe Castaner, les "casseurs se sont à nouveau donné rendez-vous demain, dans certaines villes de France, à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et "en particulier à Paris". "Leur objectif affiché est clair: reproduire le 16 mars", a poursuivi le ministre en référence à l'acte 20 des gilets jaunes, pendant lequel les Champs-Elysées avaient été l'objet de saccages et de scènes de chaos, entraînant le limogeage du préfet de police de Paris.

Le préfet Lallement a également annoncé avoir interdit deux manifestations, dont le trajet initial prévoyait un départ depuis le secteur de Bercy, dans l'est de la capitale pour rejoindre les Halles ou la place de l'Etoile.
 

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