Gérald Darmanin veut autoriser les maires à installer des radars sans l'aval des préfets

Gérald Darmanin veut autoriser les maires à installer des radars sans l'aval des préfets
Gérald Darmanin veut donner la possibilité aux élus d'installer des radars sans passer par le préfet

publié le jeudi 05 novembre 2020 à 12h17

Va-t-on bientôt voir fleurir plus de radars fixes sur le bord des routes ? Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin aimerait assouplir la pose de ces radars, autorisée pour l'instant uniquement par les préfets.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin veut autoriser les maires à installer des radars automatiques dans leurs communes sans avoir à obtenir l'accord du préfet. C'est ce qu'il a annoncé mercredi dans une interview accordée au quotidien Ouest-France.


"C'est une révolution pour la sécurité routière", souligne le ministre de l'Intérieur.

"Les collectivités, en lien avec les habitants, pourront ainsi mettre des radars de vitesse, de contrôle du bruit ou de la pollution là où elles les estiment utiles", a-t-il ajouté.

Une mesure examinée par l'Assemblée nationale dès le 17 novembre

Cette mesure doit être intégrée à la proposition de loi pour une "sécurité globale", présentée par la majorité LREM et leur allié d'Agir et débattue à partir du 17 novembre à l'Assemblée nationale. L'examen des amendements du texte a commencé ce mercredi en commission des lois.

L'installation des radars fixes de contrôle de la vitesse est aujourd'hui décidée par les préfets à partir de différents critères d'accidentologie et d'infrastructures routières, en lien avec les directions départementales des territoires (DDT).

Celle des radars anti-bruit et anti-pollution relève en revanche des collectivités, qui ne peuvent pas verbaliser, selon une source proche du dossier.

Une annonce qui ne fait pas que des heureux

Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, a salué l'annonce de Gérald Darmanin. "Ce sont les maires qui connaissent leurs villes, traversées par des fous furieux qui roulent à des vitesses excessives. Cela servira à protéger leurs électeurs qui se plaignent du danger de la vitesse dans les agglomérations", a-t-elle estimé.

"On va vers une sécurité routière à géométrie variable", s'est en revanche inquiété auprès de l'AFP Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes. Pour ce dernier, "faire sortir le préfet du dispositif, c'est prendre le risque d'avoir une France totalement hétérogène avec des règles différentes d'un département à l'autre, d'une ville à l'autre, et donc des Français perdus".

Les radars automatiques font moins recette

En 2019, les recettes générées par les radars automatiques ont baissé pour la deuxième année consécutive, pour atteindre 760 millions d'euros selon les chiffres de la Sécurité routière. Jusqu'en 2018, le montant des amendes forfaitaires et majorées n'avait cessé d'augmenter depuis la mise en place des radars automatiques en 2003, dépassant même la barre symbolique du milliard d'euros en 2017.

Malgré tout, depuis le début du confinement, les forces de l'ordre ont constaté une augmentation des grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h. Par rapport à 2019, ils ont bondi de plus de 16%.

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