Gérald Darmanin accusé de viol : "j'ai le droit à la présomption d'innocence"

Gérald Darmanin accusé de viol : "j'ai le droit à la présomption d'innocence"
La nomination du nouveau ministre de l'Intérieur a déclenché la colère des associations féministes

, publié le jeudi 09 juillet 2020 à 08h30

Il affirme son "droit à la présomption d'innocence". Poursuivi en justice pour viol, Gérald Darmanin, nouveau ministre de l'Intérieur s'est exprimé jeudi 9 juillet à ce sujet, estimant n'avoir "absolument" rien à se reprocher. 


Accusé de viol, sa nomination en tant que ministre de l'Intérieur fait polémique alors que les violences faites aux femmes ont été déclarées "grande cause du quinquennat". 

Gérald Darmanin a réagit ce jeudi matin sur RTL, rappelant son "droit à la présomption d'innocence". "Comme tout citoyen, je suis à la disposition de la justice", a-t-il ajouté, précisant ne pas commenter "les affaires de justice".  

"Je marche la tête haute"

"Il y a eu 3 décisions de justice en 3 ans qui me sont favorables", a tenu à préciser le ministre accusé de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance pour faits qui se seraient déroulés en 2009. 

Le ministre de 37 ans par ailleurs affirmé n'avoir "absolument" rien à se reprocher, expliquant avoir "écrit" à la justice pour que ni lui, ni son cabinet n'aient d'information sur ce dossier le concernant". "Je suis à la disposition des magistrats", a-t-il souligné.

"Je me rendrais à n'importe quelle convocation des magistrats instructeurs", a-t-il complété.

C'est une "situation pas facile à vivre pour ceux qui sont accusés à tort", pour "votre famille, vos amis, votre réputation", a-t-il fait valoir. 

Concluant sur le sujet, Gérald Darmanin a déclaré : "Je marche la tête haute et j'ai le droit à la présomption d'innocence. La décision qui a été rendue est une décision de forme, qui ne remet en aucun cas le fond en question."

Bruno Le Maire balaye toute polémique

Le même jour, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, invité sur Europe 1 a réagit sur la nomination de Gérald Darmanin. Il a balayé toute polémique, rappelant lui aussi le "droit à la présomption d'innocence". "Il a été un grand ministre des Comptes Publics et sera un grand ministre de l'Intérieur. Je ne comprends pas davantage la polémique sur monsieur Dupond-Moretti qui sera un grand garde des Sceaux", a-t-il martelé. 

Le ministre de l'Intérieur a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l'avait sollicité en 2009, lorsqu'il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon.

Selon ses déclarations, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de "passer à la casserole", ainsi qu'elle l'a expliqué aux enquêteurs. M. Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, mais selon lui, librement consentie.

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

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