General Electric : Bruno Le Maire hué à Belfort

General Electric : Bruno Le Maire hué à Belfort
Bruno Le Maire lors d'une réunion avec les dirigeants de General Electric le 3 juin 2019 à Belfort.

publié le lundi 03 juin 2019 à 18h11

Le ministre de l'Économie a appelé lundi le géant américain à "revoir sa copie" et à "améliorer" son plan social.

Une semaine après l'annonce de General Electric (GE) de supprimer plus de 1.000 postes en France, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'est rendu ce lundi 3 juin à Belfort, où se situe l'usine qui est la plus menacée par ces suppressions d'emplois.

Le locataire de Bercy est arrivé dans l'après-midi sous les huées et les sifflets de centaines de personnes qui s'étaient réunies un peu plus tôt pour une assemblée générale convoquée par les syndicats. Il s'est engouffré dans un bâtiment, face au lieu de l'AG, particulièrement conspué par une vingtaine de "gilets jaunes" qui s'étaient placés au premier rang des manifestants, selon des journalistes de l'AFP.

"Pour défendre les salariés, pour défendre les retraités, pour défendre les gilets jaunes, on est là, même si Macron le veut pas", ont scandé les manifestants, au nombre de 700 à 900 selon la police.



"Aujourd'hui, nous sommes là pour une chose : stopper ce plan massif de délocalisations hors de Belfort", avait lancé auparavant, à la tribune de l'AG des syndicats, Philippe Petitcolin (CFE-CGC). "C'est ce que nous allons demander au gouvernement, le gouvernement qui se dit vigilant, le gouvernement qui ne connaît pas le dossier, qui ne connaît pas le marché", avait-il poursuivi.

"GE peut et doit faire mieux"

"J'ai eu l'occasion de dire au président de GE Larry Culp que son plan social doit être amélioré", a de son côté assuré le ministre. "Le plan social en l'état ne va pas. 1.050 emplois supprimés, c'est trop et je pense que GE peut et doit faire mieux et que c'est une condition préalable pour que les choses s'apaisent sur le site", a estimé M. Le Maire qui s'est exprimé successivement devant la direction et les représentants du personnel.

"Je ne sais pas de combien nous pourrons descendre -je ne vais pas prendre d'engagement chiffré- mais je pense qu'il est important que GE revoie sa copie", a-t-il insisté. "Je suis là pour que nous construisions ensemble l'avenir industriel du site de GE et l'avenir industriel de Belfort de manière plus générale", a poursuivi le ministre.

Bruno Le Maire a dit vouloir "regarder comment nous pouvons investir à nouveau sur le site, en particulier dans l'activité aéronautique", présentée comme la piste de diversification la plus "prometteuse". "Pour chaque euro d'argent privé qui sera mis dans l'activité aéronautique, je suis prêt à mettre un euro d'argent public pour ouvrir de vraies perspectives de transformation industrielle sur les activités qui paraissent porteuses", a annoncé le ministre.
 

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