Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : "Si j'avais pu me faire entendre, on n'en serait pas là"

Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : "Si j'avais pu me faire entendre, on n'en serait pas là"©Panoramic

, publié le samedi 26 décembre 2020 à 14h12

L'ex-femme du forcené qui a ôté la vie à trois gendarmes lors d'une intervention pour violences conjugales, mardi 23 décembre, a donné une interview au Dauphiné Libéré. Femme battue, elle affirme ne pas avoir été prise au sérieux.
 
Un drame de Noël.

Le 23 décembre dernier, trois gendarmes perdaient la vie dans le cadre d'une intervention dans le hameau de Saint-Just, dans le Puy-de-Dôme. Appelés en urgence aux alentours de 21 heures pour des faits de violences conjugales, ils ont rapidement été pris pour cible par l'auteur des faits. Trois d'entre eux ont succombé à leurs blessures. Lourdement armé, l'homme n'était pas inconnu des services de police, à en croire le témoignage de son ex-compagne. "Beaucoup de gens savaient qu'il avait un problème (...) Personne n'a rien fait", confie cette dernière dans les colonnes du Dauphiné Libéré. Elle aurait, à de nombreuses reprises, tenté d'alerter sur le comportement dangereux de son conjoint, qui se revendiquait comme survivaliste et très pratiquant, de confession catholique.


 
Un homme dangereux
 
"J'avais lancé des alertes, des dizaines ! Je savais qu'il était dangereux", ajoute-t-elle, précisant que son compagnon avait changé en 2012, date à laquelle il a débuté les stages de survie. Le "prince charmant, bien sous gtous rapports" s'est alors transformé, procuré des armes et a même offert à sa femme une radio militaire afin de pouvoir communiquer "en cas de fin du monde". Puis il est devenu violent. "Il a essayé de m'étrangler, j'ai pu me sauver", confie son ancienne compagne, avant de lâcher : "je croyais qu'il nous tuerait tous".   
 
Ignorée par la police ?
 
La mère de famille, qui vit aujourd'hui dans l'Ardèche, assure avoir signalé son comportement aux autorités compétentes, à savoir la police, la gendarmerie et même l'Aide sociale à l'enfance. Sans succès. Elle aurait contacté par écrit l'ancienne secrétaire d'État chargée de l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa. Cet appel à l'aide serait lui aussi resté sans retour. "Rien n'a été fait. On m'a dit à chaque fois qu'il allait certainement se calmer", constate-t-elle aujourd'hui, amère, avant de conclure : "Il y a quatre orphelins aujourd'hui et, si j'avais pu me faire entendre, on n'en serait pas là. J'ai tout essayé". 

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