Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : le meurtrier était "un manipulateur, un caméléon", selon son ex-épouse

Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : le meurtrier était "un manipulateur, un caméléon", selon son ex-épouse©Olivier CHASSIGNOLE / AFP

, publié le lundi 18 janvier 2021 à 22h18

L'ex-épouse de Frédérik Limol, le forcené qui a tué trois gendarmes dans la nuit du 22 au 23 décembre dernier à Saint-Just (Puy-de Dôme), a accordé une interview accordée au Parisien publiée ce lundi 18 janvier

Dans la nuit du 22 au 23 décembre dernier dans le village de Saint-Just (Puy-de Dôme), trois gendarmes de la compagnie d'Ambert ont trouvé la mort, intervenus pour porter secours à une femme victime de violences conjugales qui avait trouvé refuge sur le toit de sa maison.


Frédérik Limol, lourdement armé, avait mis le feu au bâtiment et abattu les trois militaires avant de s'enfuir. Son corps sans vie avait été retrouvé à proximité de son domicile, une arme à la main.

"Il ne s'est rien passé"

L'ex-épouse du forcené a accordé une interview au Parisien, publiée ce lundi 18 janvier.

Elle a déploré le fait que, "malgré une main courante et trois plaintes contre (son) ex-mari, il ne s'est rien passé." "Lorsqu'une femme vient dénoncer le comportement violent de son ex-mari et le dit armé, il convient d'enquêter. Ou alors il ne faut pas nous raconter que la lutte contre les violences faites aux femmes est une des priorités nationales", a fustigé celle que le média nomme Valérie et qui est poursuivie dès mardi, par son ex-mari décédé, devant le tribunal correctionnel d'Avignon pour non-présentation d'enfant.

Celle qui a eu un enfant avec Frédérik Limol dresse le portrait de son ancien époux. "Il avait des amis, un boulot, une famille. En apparence tout fonctionnait. Un type vachement sympa qu'on appelait pour rigoler, pour faire un barbecue... Il avait une double facette. (...) C'était un caméléon, un manipulateur, un type très intelligent qui savait s'adapter selon son interlocuteur : gendarme, huissier, président de club de tir...", a-t-elle détaillé.

"Il avait fait une liste de personnes à tuer"

Puis de continuer : "Il était contre les vaccins, les médicaments, il ne buvait pas d'eau du robinet, susceptible de contenir des agents chimiques pour contrôler les esprits. Il aimait la messe en latin comme son père, un ancien militaire. (...) Avec cette idée que la France est gangrenée par les musulmans, les juifs, les francs-maçons, les illuminati, (ces mystérieux maîtres qui tirent les ficelles de l'économie mondiale) et tous les connards en costard... Il me disait 'On est un petit groupe, on se prépare, parmi nous il y a des policiers, des gendarmes...'"

Lors de la nuit de la mort du forcené, les forces de l'ordre sont allés prévenir Valérie de l'attaque de son ex-époux sur les gendarmes. "J'ai fermé les volets au cas où il viendrait pour nous tuer et j'ai suivi la police. Il m'avait toujours dit qu'il avait fait une liste de personnes à tuer dont nous faisions partie...", a-t-elle affirmé.

Les gendarmes, "nos héros"

Le corps de Frédérik Limol a été découvert dans la matinée de l'attaque à proximité de son 4x4 renversé, à environ 1,5 kilomètre de son domicile. "Il y toutes les raisons de penser qu'il s'est suicidé", a indiqué Eric Maillaud, le procureur de la République de Clermont-Ferrand. "Informé toute la nuit" par le ministre de l'Intérieur, le président Emmanuel Macron a rapidement rendu hommage aux trois gendarmes tués. "Nos héros", a-t-il dit.

Le Premier ministre Jean Castex a également salué la mémoire des trois militaires, en soulignant que ce drame "endeuill(ait) le pays tout entier".

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