Gendarmes agressés à Paris : Christophe Dettinger écroué dans l'attente de son procès

Gendarmes agressés à Paris : Christophe Dettinger écroué dans l'attente de son procès
L'ancien boxeur professionnel Christophe Dettinger est accusé d'avoir frappé deux gendarmes à Paris le 5 janvier dernier.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 10 janvier 2019 à 12h23

L'ex-boxeur professionnel, accusé d'avoir frappé deux militaires samedi 5 janvier à Paris, a été placé en détention provisoire jusqu'à son procès, reporté à sa demande, qui se tiendra le 13 février. Malgré ses regrets, les magistrats ont préféré le placer en détention, craignant qu'il commette de nouvelles violences ou ne se présente pas à la prochaine audience.

Les larmes aux yeux, selon un journaliste de France 3 présent à l'audience, Christophe Dettinger a exprimé ses regrets devant le tribunal correctionnel de Paris mercredi 9 janvier. Crâne rasé, petite plaie rouge sur le front, silhouette massive, il est entré dans le box à 22h00, les yeux cernés et le visage très marqué. "Je regrette mes actes. (...) Quand je vois ces images, je ne suis pas fier de moi", a déclaré cet ancien boxeur professionnel de 37 ans, aujourd'hui fonctionnaire territorial dans une mairie de l'Essonne et père de trois enfants au casier judiciaire vierge.

Christophe Dettinger a été placé en détention provisoire dans l'attente de son procès, qui a été renvoyé au 13 février à sa demande. L'ancien champion de France 2007 et 2008 des lourds-légers avait sollicité le report de son procès pour "violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique". 

Images d'une grande violence

Il a été filmé en train de frapper deux gendarmes lors de l'acte 8 de la mobilisation des "gilets jaunes", le 5 janvier à Paris. Christophe Dettinger s'est présenté lundi matin à la police. Il était recherché depuis la diffusion de vidéos de l'agression.

Dans cette séquence d'une grande violence, captée sur la passerelle Léopold Sédar Senghor, qui relie les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries, on voit le prévenu frapper un premier gendarme à terre et asséner une série de coups de poings à un de ses collègues, abrité derrière son bouclier. Les deux victimes se sont respectivement vu prescrire 15 et deux jours d'incapacité totale de travail (ITT). Devant les enquêteurs puis à la barre du tribunal, le trentenaire a affirmé avoir voulu protéger une femme des forces de l'ordre puis s'être emporté.

Venu manifester "pacifiquement"

Devant le tribunal, Christophe Dettinger a expliqué être "venu pacifiquement" manifester samedi, en famille, comme lors des précédentes mobilisations des "gilets jaunes". Mais il a reconnu n'avoir "pas eu le contrôle" après avoir "vu des gendarmes matraquer un jeune homme et une femme au sol". 

Ses avocats demandaient sa libération sous contrôle judiciaire en l'attente de son procès. Évoquant un accès de colère "incontrôlée qui a duré deux minutes", ils ont insisté sur son profil de père de famille, inséré professionnellement et n'ayant jamais eu maille à partir avec la justice. "Il ne veut être ni un héros, ni un symbole, ni un porte-parole des ", a expliqué Me Laurence Léger avant l'audience. 

Risque de récidive ou de fuite

Mais, conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel a ordonné son placement en détention provisoire afin d'"empêcher la réitération des faits et une soustraction à la justice", le prévenu ayant refusé en garde à vue "de s'expliquer sur les raisons de sa fuite". Cette décision a été accueillie par des cris de protestations dans la salle. elle va en revanche dans le sens des avocats des deux gendarmes blessés, qui ont dénoncé des "violences graves, méthodiques, froides, réitérées". "Les violences sont allées à la limite de l'intention homicide", ont souligné devant la salle du tribunal Mes Thibault de Montbrial et Émélie Samson.

Dans une vidéo postée lundi sur YouTube, l'ancien champion de boxe admet avoir "mal réagi", tout en affirmant s'être "défendu" face aux violences policières. "J'ai vu la répression. J'ai vu la police gazer, la police faire mal à des gens avec des flashballs", s'est justifié l'ancien boxeur. Puis, devant les enquêteurs, il a présenté ses excuses pour son comportement.

Un fusil de chasse à son domicile

Dimanche, lors d'une perquisition à son domicile à proximité de Massy (Essonne), les enquêteurs ont retrouvé un fusil de chasse. La découverte de cette arme de catégorie D1, en acquisition libre, a conduit le parquet d'Évry à ouvrir une enquête.

Par ailleurs, une cagnotte en ligne, ouverte en soutien à l'ancien boxeur, a connu un vif succès avant d'être fermée mardi devant les critiques du gouvernement et de syndicats policiers. Une cagnotte concurrente en "soutien aux forces de l'ordre" a aussi été ouverte. 

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