Gaz, Smic, tests anti-Covid, masque à l'école... Ce qui change en octobre

Gaz, Smic, tests anti-Covid, masque à l'école... Ce qui change en octobre
Les tarifs réglementés du gaz vont bondir de 12,6% TTC au 1er octobre.
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publié le vendredi 01 octobre 2021 à 08h00

PRATIQUE. Plusieurs mesures vont avoir un impact direct et immédiat sur le pouvoir d'achat des Français. 

ÉCONOMIE
Les tarifs du gaz augmentent encore...

pour la dernière fois d'ici avril 

Les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie vont une nouvelle fois bondir, de 12,6% TTC au 1er octobre, dans le sillage de la hausse des cours sur le marché, a annoncé lundi le régulateur. "Cette évolution résulte de la hausse, historique, des prix du gaz sur le marché mondial qui se répercute sur les coûts d'approvisionnement du fournisseur de gaz Engie", explique la Commission de régulation de l'énergie. 




Hors taxe, la hausse est de 13,9% et, dans le détail, de 4,5% pour les utilisateurs de gaz pour la cuisson, de 9,1% pour ceux qui ont un double usage (cuisson et eau chaude), et de 14,3% pour les foyers qui se chauffent au gaz. Ces tarifs réglementés, remis à jour chaque mois, ont connu une série de fortes hausses récemment. Ils ont encore augmenté de 8,7% au 1er septembre, après plus de 5% en août et près de 10% en juillet.

Mais les prix réglementés du gaz n'augmenteront plus d'ici quelques mois. Face aux hausses constantes (57% depuis janvier), le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi "un bouclier tarifaire" et le blocage de ces tarifs. "Il n'y aura plus d'augmentation du prix du gaz" après celle du 1er octobre, promet Jean Castex, en fixant l'échéance à avril 2022, horizon à partir duquel "le prix du gaz devrait dégringoler".


Le Smic revalorisé 

Les salariés rémunérés au Smic toucheront près de 35 euros brut de plus au 1er octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum due à l'inflation. Une telle hausse en cours d'année, liée à l'évolution des prix, est inédite depuis dix ans.

Actuellement de 1.554,58 euros brut par mois, le Smic sera porté à 1.589,47 euros, soit une hausse de 34,89 euros, selon un communiqué du ministère du Travail, publié à l'issue d'une réunion avec le groupe d'experts sur le Smic. Le Smic horaire brut devant passer de 10,25 à 10,48 euros. 

La rémunération des fonctionnaires aussi 

L'indice minimum de traitement des agents publics sera rehaussé pour atteindre le niveau du Smic automatiquement revalorisé à cette date. "Dès le 1er octobre, un agent de catégorie C dans cette situation touchera 37 euros de traitement supplémentaire par mois", précise le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques. 

Revalorisations de salaires dans la santé et l'aide à domicile 

Plus de 500.000 agents de la fonction publique hospitalière vont bénéficier d'une revalorisation de leurs grilles de salaires, dans le cadre du Ségur de la santé: infirmières, aides-soignantes, cadres de santé, auxiliaires de puériculture, manipulateurs radio, masseurs-kinés...

Par ailleurs, l'augmentation générale de 183 euros net par mois sera élargie à 18.500 autres soignants du secteur social et médico-social, relevant de la fonction publique mais dont les structures ne sont pas rattachées à un hôpital ou un Ehpad.

En outre, 209.000 aides à domicile du secteur associatif intervenant chez les personnes âgées et handicapées bénéficient d'une hausse salariale de 13% à 15%. En revanche les 160.000 employés du privé en sont privés, ce qui fait craindre un départ massif de ces salariés.

Ce coup de pouce salarial ne va pas entraîner d'augmentation du reste à charge pour les usagers en situation de handicap ou âgés, car il sera pris en charge par les départements, compensés partiellement par l'État.

Nouveau calcul du chômage 

La réforme de l'assurance chômage entre en vigueur au 1er octobre. Le gouvernement justifie le durcissement du calcul de l'allocation par l'amélioration de la situation de l'emploi. Les syndicats estiment que le nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR), base de l'allocation, va pénaliser les demandeurs d'emploi alternant chômage et activité, "les permittents".

Selon une évaluation de l'Unédic réalisée au printemps, jusqu'à 1,15 million de personnes ouvrant des droits dans l'année suivant l'entrée en vigueur de la réforme toucheraient une allocation mensuelle plus faible (de 17% en moyenne), avec dans le même temps une "durée théorique d'indemnisation" allongée (14 mois en moyenne contre 11 avant la réforme).

APL 

Les aides personnalisées au logement vont augmenter de 0,42%, ce qui correspond à la hausse moyenne des loyers. Cette hausse intervient après un gel de la revalorisation en 2018 et à une désindexation des APL sur l'indice de référence des loyers inscrite dans les budgets 2019 et 2020.

COVID-19
Le pass sanitaire étendu aux ados

Dès le 30 septembre, les mineurs âgés d'au moins 12 ans et deux mois doivent présenter un pass sanitaire valide pour accéder aux lieux où il est exigé (train, cinéma, piscine...).

Covid-19 : les tests ne sont plus gratuits pour tout le monde 

Fini, les tests dits "de confort" (c'est-à-dire visant uniquement à obtenir un pass sanitaire valide) gratuits. À partir du 15 octobre, les tests de dépistage deviendront payants pour les personnes majeures non vaccinées et qui n'auront pas de prescription médicale. 

La mesure est censée encourager la vaccination, mais aussi alléger la facture du dépistage, qui a coûté 2,2 milliards d'euros en 2020 et pour lequel 4,9 milliards sont prévus cette année. 

Fini, le masque à l'école dans certains départements 

L'obligation du port du masque à l'école primaire sera levée à partir du 4 octobredans les départements les moins touchés par l'épidémie. Le ministère donnera "la liste complète des départements concernés jeudi avec le ministère de la Santé, pour que ce soit valable pour lundi", selon le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer. 

SOCIAL 
Un numéro vert de prévention du suicide

Le 31 14, nouveau numéro national de prévention du suicide, sera accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, "il permettra aux Français qui traversent un moment très difficile, avec des idées noires, des pensées morbides, une tristesse, une dévalorisation de soi-même, de profondes angoisses, de trouver immédiatement une réponse à leur malaise", selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

Un dispositif pour lutter contre les violences conjugales 

La réalité virtuelle pour "se mettre à la place de la victime". La France lance une expérimentation pour lutter contre la récidive chez les hommes condamnés pour violences conjugales. Le dispositif, déjà testé en Espagne, prévoit une "immersion totale" grâce à un casque de réalité virtuelle dans l'histoire d'une famille, divisée en sept séquences, sur plusieurs années. 
 
Le spectateur se met tour à tour dans la peau de l'homme, de la femme, puis de leur enfant, dans différentes scènes de vie quotidienne. Le scénario a été élaboré en lien avec des experts spécialisés en violence conjugale pour aborder différentes thématiques : emprise, violence psychologique, violence physique...

L'expérimentation, d'une durée d'un an, doit commencer début octobre dans trois villes françaises, avec 28 hommes volontaires, des personnes condamnées et suivies en milieu ouvert ou avec des détenus. 

Jeunes à la rue 

"Des jeunes pourront être remis à la rue sans accompagnement particulier", s'est émue la députée MoDem Perrine Goulet. L'interdiction des "sorties sèches" des jeunes majeurs accueillis dans les foyers de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), en vigueur depuis mars 2020 en raison de la crise, arrive à échéance. 

"Le gouvernement ne les laissera pas sans réponse", promet la ministre déléguée Brigitte Bourguignon. Les jeunes de l'ASE "bénéficieront du dispositif '1 jeune, 1 solution'" favorisant l'accès à l'emploi. Et d'ici l'entrée en vigueur de la "systématisation de la 'garantie jeunes'" pour les sortants de l'ASE, l'État compensera les dépenses engagées par les départements "pour accompagner les jeunes sans solution", assure-t-elle. 

INTERNATIONAL 
Conséquences du Brexit 

• Les voyageurs français et européens ressortissants devront disposer d'un passeport valide pour entrer au Royaume-Uni. Seuls les résidents qui se sont vu accorder un statut temporaire (pre-settled) pourront continuer à utiliser une carte d'identité jusqu'en 2025.

• De nombreux pêcheurs français risquent de ne plus avoir accès aux eaux des îles anglo-normandes, des dizaines de licences provisoires expirant le 30 septembre au soir. La situation est particulièrement tendue autour de Jersey, à quelques encablures des côtes normandes, où les pêcheurs français avaient déjà organisé un blocus du port en mai.

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