Gaz : le tarif réglementé va augmenter de près de 10%

Gaz : le tarif réglementé va augmenter de près de 10%
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publié le vendredi 25 juin 2021 à 11h36

Reprise économique, bas niveaux des stocks de gaz, opérations de maintenance en mer du Nord, travaux en Russie... Les facteurs expliquant cette hausse sont multiples.

Le tarif réglementé de vente (TRV) du gaz naturel vendu par Engie va augmenter de près de 10% au 1er juillet, a annoncé vendredi 25 juin le régulateur.

"Les TRV d'Engie augmentent de 9,96% HT au 1er juillet 2021.

Cette forte hausse est due principalement (pour 7,8%) à la hausse des prix du gaz sur le marché mondial liée à la reprise économique", explique la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dans un communiqué.

"Les prix du gaz sur le marché mondial augmentent très fortement en juillet", détaille-t-elle, mettant en avant une série de facteurs : reprise économique, bas niveaux des stocks de gaz, opérations de maintenance en mer du Nord, augmentation de la consommation de gaz pour la production d'électricité...

Dans le détail, cette hausse s'explique d'abord par la longueur et la rigueur de l'hiver, qui a forcé les fournisseurs à puiser dans les stocks, souligne Les Échos. Ils doivent désormais reconstituer leurs réserves, ce qui soutient la demande cet été. Ensuite, la Chine -en pleine reprise économique post-pandémie- et le Brésil -où la sécheresse limite le recours aux barrages hydroélectriques-, sont particulièrement gourmands en gaz.

Par ailleurs, les prix du carbone, ces "droits à polluer qui s'échangent sur le marché européen, sont en hausse.


Enfin, selon Les Échos, l'attitude de la Russie joue également sur les prix. Ralenti par les sanctions américaines, le géant du gaz Gazprom, proche du Kremlin, s'active pour terminer son nouveau gazoduc Nord Stream 2. Il permettra d'alimenter l'Allemagne en passant sous la mer Baltique. Et en attendant son inauguration, Gazprom limite ses exportations via les pipelines qui passent par l'Ukraine. "La stratégie de Gazprom est de limiter les volumes d'exportation aujourd'hui afin d'arriver en position de force lors de l'ouverture de Nord Stream 2 en fin d'année et de bénéficier pleinement de la demande et des prix", analyse le directeur du centre énergie et climat de l'Ifri, Marc-Antoine Eyl-Mazzega, cité par Les Échos.

L'autre gros facteur est la hausse du coût des certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif qui oblige les fournisseurs de gaz ou d'électricité à financer des économies d'énergie. Le gouvernement a récemment revu à la hausse les objectifs d'économie d'énergie fixés dans le cadre de ces dispositifs pour la période 2022-2025, ainsi que la part destinée aux plus précaires.

La forte hausse des tarifs réglementés annoncée pour juillet fait toutefois suite à une période de baisse durant la crise. Au final, ils n'ont augmenté que de 1,1% depuis le 1er janvier 2019, indique la CRE.

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