Gard : un directeur de collège menacé de licenciement après avoir dénoncé un viol présumé entre élèves

Gard : un directeur de collège menacé de licenciement après avoir dénoncé un viol présumé entre élèves
Une voiture de police à Versailles, le 11 octobre 2014.

Orange avec AFP, publié le lundi 11 juin 2018 à 19h01

Deux adolescents, élèves de 4e, ont été mis en examen pour "viol en réunion".

Le directeur d'un collège catholique sous contrat de Saint-Ambroix (Gard) risque d'être licencié après avoir contacté la gendarmerie à propos d'un viol présumé entre élèves, a-t-on appris lundi 11 juin auprès de l'intéressé. L'organisme de gestion de l'établissement lui reproche de ne pas avoir alerté sa hiérarchie avant d'entamer ses démarches. Le directeur diocésain de l'enseignement catholique, Jérôme Martine, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP sur cette affaire.  

Paul Gobillot, 62 ans, suspendu après plus de trente ans à la tête de l'institution Saint-Joseph, était convoqué lundi matin pour un entretien préalable à son licenciement par l'organisme de gestion de l'établissement (Ogec).  Des élèves, anciens élèves et enseignants sont venus le soutenir "dans un silence et un respect impressionnant", a-t-il témoigné auprès de l'AFP.  

Non respect des procédures administratives

"On me reproche de ne pas avoir respecté les procédures administratives... D'avoir contacté directement la gendarmerie sans prévenir ma hiérarchie", a raconté à l'AFP M. Gobillot. "C'est le monde à l'envers !", commente le directeur, qui ne peut plus se rendre sur son lieu de travail.

Lors d'un voyage scolaire à Malte entre le 5 et le 9 mars, deux élèves en auraient violé un troisième. Ils l'auraient également passé à tabac et filmé toute la scène, rapporte Le Parisien. Le 30 mars, après en avoir été informé, M. Gobillot s'était rendu à la gendarmerie avec les parents de la victime et avait été entendu en tant que témoin. Deux adolescents de 4e ont ensuite été mis en examen pour "viol en réunion"

Un "gêneur" ?

" Très apprécié des enseignants et des élèves, M. Gobillot fait l'objet d'une véritable chasse à l'homme depuis plusieurs mois, autant par le directeur diocésain que par l'Ogec", a affirmé à l'AFP son avocat Me Philip de Lumley-Woodyear. Selon l'avocat, M. Gobillot  est considéré comme un "gêneur", faisant notamment obstacle à certains projets immobiliers du diocèse. On lui reproche aussi certains choix pédagogiques comme la création d'une classe de "décrocheurs", poursuit l'avocat. 

Dans cette structure étaient accueillis "des jeunes en rupture, aussi bien des migrants que des locaux de nos campagnes de milieux défavorisés", explique Paul Gobillot qui estime que le diocèse donne "un signal fort en fermant une telle classe à la rentrée". Cette initiative a abouti, selon lui, à "des réussites extraordinaires". La suspension du directeur, "porteur de valeurs exemplaires", a plongé l'équipe éducative et les élèves de Saint-Joseph "dans la détresse", assure à l'AFP Ghislaine Pialet, professeur de français depuis 28 ans dans le collège. 

Paul Gobillot doit être reçu mercredi à 18H00 à Nîmes par la direction diocésaine de l'enseignement catholique avant qu'un conseil d'administration ne décide prochainement de son sort.

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