G7 de Biarritz : policiers et pompiers dénoncent la surcharge de travail et craignent de ne pouvoir faire face

G7 de Biarritz : policiers et pompiers dénoncent la surcharge de travail et craignent de ne pouvoir faire face
Des pompiers devant les tentes de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises à Biarritz, le 20 août 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 21 août 2019 à 16h05

Lundi, les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Atlantiques ont manifesté devant la mairie de Biarritz pour signifier leur ras-le-bol. De leur côté, des syndicats de policiers ont prévu un "barbecue de la colère" vendredi.

Horaires épuisantes, heures supplémentaires non payées, surcharge de travail...

La coupe est pleine pour les pompiers et les policiers mobilisés pour la sécurité du G7 à Biarritz. Les syndicats de policiers Unite SGP-Police FO et Alliance ont d'ailleurs prévu un "barbecue de la colère" en marge du G7, vendredi soir alors que les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Atlantiques ont manifesté lundi devant la mairie de Biarritz pour signifier leur ras-le-bol.

"On en est à 46 suicides (de policiers en France) depuis le début de l'année, c'est du jamais vu", dénonce Christophe Labarthe, le secrétaire départemental du syndicat Unité SG-Police FO. "C'est une accumulation de choses : depuis 2012 et l'affaire Merah, on est tout le temps sur le pont. On a eu la loi El Khomri et le mouvement Nuit debout, le Mariage pour tous, les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, puis de Nice, les "gilets jaunes". Ici, cet été, on a eu les Fêtes de Bayonne, le Tour de France et, là, le G7 pour lequel il y aussi eu énormément de voyages officiels de préparation", énumère le syndicaliste. "Les collègues sont rincés", conclut Christophe Labarthe.

Pour le sommet du G7, le contre-sommet et les manifestations prévues, 13.200 policiers et gendarmes vont être déployés, a annoncé mardi 20 août le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. "On est à 80% de présence de l'effectif policier sur toute la France, on n'a pas pu prendre de vacances", répond Christophe Labarthe. "Actuellement, un policier a un week-end de libre sur six et les heures supplémentaires non payées s'accumulent". En visite à Biarritz, Christophe Castaner a assuré "comprendre leurs inquiétudes". "Je sais leurs tensions mais je sais aussi qu'ils sont le fruit de mises en cause trop permanentes qui se trompent quelques fois de responsables et d'adversaires", a-t-il ajouté.



Même raz-le-bol chez les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Atlantiques. Ils réclament depuis plusieurs semaines que leurs gardes de 24 heures, payées 17, passent à 12h. "Dans le département, pour ce qu'on demande, il y en aurait pour quatre millions d'euros sur un budget total de 769 millions, soit 0,40 % du budget", assure Laurent Lafargue, pompier d'Anglet et délégué syndical du Syndicat autonome des sapeurs-pompiers. "Mais l'État et le Départemental se renvoient la balle. En Gironde, ils sont passés aux 12 heures depuis 2003 !", s'exclame le syndicaliste, dépité.

Faute de réponse à leurs revendications, beaucoup de pompiers se sont mis en arrêt maladie. "On est encore en sous-effectif et cette semaine, à la veille du G7, les arrêts tombent comme des feuilles mortes en automne", s'inquiète Laurent Lafargue. "Il y a une fatigue physique et psychologique", poursuit-il. Dans le département, environ 490 pompiers professionnels sont mobilisés pour le sommet. "Le G7 arrive et on ne sait pas comment faire", indique le syndicaliste. Des renforts sont bien arrivés, mais seulement "pour les périmètres de sécurité de Biarritz". "Tous les heurts qui pourraient arriver, les manifestations qui pourraient mal se passer et le reste de la population à Anglet, Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye sont couverts par nous", poursuit le délégué syndical. 

"Moi j'ai un principe simple : qui paye décide, qui dirige décide", a tranché mardi Christophe Castaner. Ce sont les SDIS (Service départemental d'incendie et de secours) "qui les payent, ce sont les départements et les communes qui les payent, donc il n'est pas question pour moi de décider pour le compte d'autres qui sont parfaitement légitimes", a expliqué le ministre qui estime "parfaitement légitimes" les revendications des pompiers, dont il a salué "la qualité de l'engagement", malgré le mouvement de grève entamé au début de l'été.

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