Frontières fermées : une galère sans nom pour des dizaines de milliers de Français

Frontières fermées : une galère sans nom pour des dizaines de milliers de Français©Panoramic

, publié le lundi 08 février 2021 à 13h42

Jean Castex et le gouvernement ont annoncé un renforcement des contrôles aux frontières et de nouvelles restrictions pour rentrer sur le territoire national. Celles-ci viennent s'ajouter aux règles déjà en vigueur dans d'autres pays, ce qui génère de l'inquiétude pour les expatriés, relatent CNews et Le Point.

Voilà presque un an que la France est plongée dans une crise sanitaire d'une ampleur inédite.

Le Covid-19 a poussé la plupart des pays du monde à restreindre les possibilités de déplacement entre les nations. Le 29 janvier dernier, Jean Castex, le Premier ministre, a annoncé de nouvelles mesures pour rentrer sur le territoire français. Il convient désormais d'avoir une autorisation et un motif impérieux pour franchir les frontières françaises pour une personne venant d'un pays hors Union européenne. Ces justifications qui permettent à ces expatriés de rentrer en France sont rares : le décès d'un proche parent, la garde d'enfants, une convocation judiciaire ou un retour vers sa résidence principale.



2,5 millions de Français à l'étranger

De nombreux Français sont concernés et bloqués à l'étranger. Ils seraient au nombre de 2,5 millions selon CNews. Interrogée par le média, Marie Baro, Française résidente aux États-Unis, confie qu'elle n'a pas pu rentrer en France depuis 17 mois. "On voulait rentrer en mars parce qu'on attend un enfant pour juin donc ça complique les choses. On ne pourra certainement pas", a-t-elle regretté. Me Pierre Ciric, avocat aux États-Unis, se positionne. "Ce droit au retour est inaliénable, absolu et général, on ne peut pas y toucher. Ce ne sont pas des gens qui veulent arroser les fleurs de leur résidence secondaire ou utiliser ce retour comme un passe-droit pour faire du tourisme, ils ont une bonne raison."

Les déplacements entre la France et l'Algérie impossibles

Les binationaux franco-algériens sont également touchés au premier chef. Les restrictions remontent à près à une année du côté de l'Algérie. Le renforcement côté français ne fait que compliquer la donne pour des centaines de personnes. Surtout, c'est la communication, ou l'absence de communication, qui fait tiquer Amel, architecte d'intérieur binationale, interrogée par Le Point. "On se retrouve seuls, mal informés, on est toujours sur les réseaux sociaux pour trouver des infos". Des pages dédiées aux Algériens bloqués dans l'Hexagone ont été créées. Selon elle, les annonces tardent à arriver, et le flou est total. "Même les députés de l'étranger étaient perdus", reprend Amel qui s'occupe de sa mère à Paris. "Les gens doivent deviner par eux-mêmes. C'est fatigant, personne ne communique normalement alors qu'il ne s'agit pas juste d'un voyage, mais de nos vies qui sont bouleversées des deux côtés de la mer depuis près d'un an."

Un autre problème se pose pour Salim, bloqué depuis 11 mois à Bordeaux. Sa compagne en Algérie ne peut le rejoindre car "nous ne sommes pas mariés, la France ne reconnaît pas notre relation officiellement pour justifier un regroupement familial", explique-t-il au Point. En outre, les autorisations de voyage pour regroupement familial ne concernent que les résidents en France qui ont entamé les démarches depuis deux ans. "On est coincés entre les motifs impérieux français et la fermeture totale des frontières côté algérien", désespère Halima, basée à Marseille et qui gère son entreprise de communication d'Alger à distance. Et une crainte principale pour elle : "est-ce que nos familles, nos couples vont tenir le coup ? Est-ce qu'humainement on est capables de le supporter cela ? Je ne suis pas sûre."

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