Fronde chez les stups, une soixantaine de policiers déposent leurs armes

Fronde chez les stups, une soixantaine de policiers déposent leurs armes
Un officier de police devant un stock de cannabis réquisitionné, le 16 octobre 2015, à Marseille.

Orange avec AFP, publié le mardi 17 octobre 2017 à 11h50

La mise en examen la semaine dernière, pour complicité dans un trafic de drogue, de deux leurs collègues a été la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour les policiers de l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS).

Il s'agit d'une "fronde sans précédent", selon Libération. Une soixantaine de policiers de l'OCRTIS, basé à Nanterre (Hauts-de-Seine) ont déposé lundi 16 octobre, l'un après l'autre, leur arme de service à la Direction centrale de la police judiciaire, rapportent plusieurs médias.

Un signe de contestation inédit qui survient après la mise en examen vendredi 13 octobre de deux de leur collègues et alors que l'ancien patron des Stups, François Thierry, a été mis en examen en mai dernier pour "complicité de détention, transport et acquisition de stupéfiants" et "complicité d'exportation de stupéfiants en bande organisée".

Selon Le Point, un commissaire divisionnaire, ex-numéro trois de l'OCRTIS, et un commandant, chef de groupe, sont notamment poursuivis pour "complicité de trafic de stupéfiants" par deux juges d'instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris. Les magistrats les soupçonnent d'avoir provoqué un trafic de drogue à travers leur informateur, dont ils n'ont pas mis le téléphone qu'il employait pour communiquer avec un trafiquant sur écoute.

DES MÉTHODES DE TRAVAIL REMISES EN CAUSE

La méthode de l'infiltration, élaborée en 2010 et choisie par les deux agents, est également remise en cause, alors qu'elle avait été approuvée par la cour de cassation en 2016, rapporte RMC.

Dans un communiqué consulté par Libération, les policiers dénoncent un "climat délétère" avec les juges parisiens. "Depuis plusieurs mois, cette section du T.G.I de Paris décortique tous les dossiers initiés par l'OCRTIS et remet en cause les constructions procédurales, pourtant avalisées par des magistrats d'autres tribunaux. Ces magistrats, dans des instructions menées uniquement à charge, ont décidé de remettre en cause une pratique policière éprouvée depuis des années par les enquêteurs", protestent-ils. Se présentant comme des "fonctionnaires intègres, investis, ne comptant ni leurs heures, ni leurs sacrifices personnels" et refusant d'être traités comme de "vulgaires délinquants", ils disent refuser d'être mis en examen au gré d'une "doctrine judiciaire fluctuante". Ils ont décidé de "ne plus acter dans les procédures conduites par la Jirs".

D'autres actions devraient avoir lieu dans les prochains jours, selon Le Parisien. "Les gars de l'OCRTIS considèrent qu'ils sont les dindons de l'histoire dans la mesure où les magistrats ont entériné l'ensemble des décisions prises par les agents", indique un policier au quotidien.

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