Formation des imams en France : "Techniquement difficile, selon l'imam de Bordeaux

Formation des imams en France : "Techniquement difficile, selon l'imam de Bordeaux
Tarek Oubrou à Saint-Cloud, le 17 octobre 2019.

, publié le vendredi 02 octobre 2020 à 16h20

Au-delà des imams, nécessaires aux services religueux, l'islam en France a besoin de théologiens pour proposer aux musulmans français un islam compatible avec les valeurs de la République, selon Tarek Oubrou.

Emmanuel Macron a annoncé vendredi 2 octobre son intention de "libérer l'islam de France des influences étrangères" en mettant fin au système de formation des imams à l'étranger, en promouvant une labellisation des formations d'imams et en renforçant le contrôle sur les financements des cultes. Afin de construire "un islam qui puisse être en paix avec la République", il est d'abord nécessaire de "libérer l'islam en France des influences étrangères", a assuré le chef de l'État dans un discours aux Mureaux, une banlieue sensible en région parisienne.


"Techniquement parlant, cela va être assez difficile", a estimé en réponse le grand imam de la mosquée de Bordeaux, Tarek Oubrou.

"La formation des imams est nécessaire, mais pas suffisante, a-t-il expliqué sur franceinfo. On a besoin de théologiens, de docteurs de la loi, qui proposent aux musulmans une lecture de l'islam qui les met en phase avec leur époque. Ça, ce n'est pas le travail liturgique, mais un travail doctrinal que la République ne peut pas faire. Cela incombe aux musulmans eux-mêmes."

"Il y a une responsabilité théologique, intellectuelle, qui incombe à des imams qui ont l'envergure de penser l'islam en phase avec les valeurs de la République", a-t-il encore déclaré, reconnaissant que certains discours "sans être fanatiques ou séparatistes", pouvait "malheureusement" en inspirer certains.

"Le discours du président était assez complet, avec un souci de discernement et d'équilibre, et il faut mettre en œuvre les propositions, a insisté l'imam. Il a tout fait pour ne pas stigmatiser."


Emmanuel Macron a par ailleurs rappelé une annonce faite en février : mettre fin d'ici à quatre ans au système d'imams détachés, ces quelque 300 imams envoyés par la Turquie, le Maroc et l'Algérie dans les mosquées françaises, ainsi que les psalmodieurs envoyés pendant la période du ramadan.

Pour que la France puisse pallier ce manque, le chef de l'Etat a affirmé être "convenu avec le Conseil français du culte musulman", principal interlocuteur des pouvoirs publics, "que, d'ici à 6 mois au plus tard" ce dernier finalise un travail de "labellisation" des formations d'imams dans notre pays".

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